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Steiert Jean-François · Nationalrat · 2011-04-12

Steiert Jean-François · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-04-12

Wortprotokoll

Ma motion 09.3509, "Pilotage de la politique en matière de pathologies de la démence I. Elaborer les bases requises", ainsi que la motion Wehrli 09.3510, "Pilotage de la politique en matière de pathologies de la démence II. Stratégie commune de la Confédération et des cantons", qui suit dans l'ordre du jour, forment un tout et touchent une problématique de politique de la santé souvent délaissée, du moins en Suisse, parce qu'elle n'entre pas dans un certain nombre de critères qui déterminent nos réflexions habituelles.

Pourtant, la démence - il y a la maladie d'Alzheimer, mais également de nombreuses autres maladies proches - est une des maladies les plus coûteuses en Suisse et en Europe, avec un coût annuel dans notre pays de 7 milliards de francs en 2009 et une augmentation nettement plus rapide que pour les autres coûts de la santé, parce que les coûts premiers se concentrent sur les personnes les plus âgées. L'évolution démographique va accentuer cet aspect, puisque, d'ici 2050, nous allons passer de 100 000 à 300 000 patientes et patients ainsi qu'à un coût annuel de quelque 20 milliards de francs.

Ensuite, en pourcentage des coûts engendrés par les pathologies de la démence, les dépenses pour les soins constituent une part largement plus que proportionnelle. Cela pose un problème d'autant plus profond que, chez les proches, le temps à disposition pour les soins tend à diminuer, tant parce que le taux d'emploi - essentiellement des femmes - augmente que parce que les proches de la génération suivante habitent de moins en moins souvent à proximité de leurs parents, et pour d'autres raisons encore.

Enfin, les maladies de la démence ont une évolution très lente, ce qui induit des pathologies dites secondaires. On estime aujourd'hui à 40 pour cent des patients touchés par des pathologies de la démence les individus ayant des proches qui tombent à leur tour malades par surmenage en raison d'une prise en charge de plus en plus lourde à supporter.

Il y a bien d'autres raisons encore qui expliquent pourquoi la plupart des pays qui nous entourent ont choisi d'aborder la maladie d'Alzheimer et les pathologies proches sous un angle particulier. Nous n'avons pas de médicament pour soigner la maladie, mais nous sommes à même de ralentir l'évolution de celle-ci par des mesures adéquates, souvent légères et peu coûteuses, qui permettent d'allonger de plusieurs années la phase légère de la maladie, pendant laquelle les patients restent relativement indépendants. On y gagne en qualité de vie, et cela revient moins cher.

Lorsque l'on sait que, pendant les premières années, le coût d'un patient en EMS est supérieur jusqu'à dix fois au coût d'un patient à domicile et que la plupart des patients souhaitent rester le plus longtemps possible à leur domicile, on comprend pourquoi il est important de prendre des mesures permettant aux proches d'être suffisamment déchargés pour pouvoir garder le plus longtemps possible leur parent à domicile. Les proches peuvent ainsi être déchargés par des structures de jour, de nuit, par des vacances accompagnées, par des logements dotés de services de soins, etc.

Des efforts sont faits, dans certains cantons plus que dans d'autres, dans certaines communes plus que dans d'autres. Ils restent extrêmement disparates et, surtout, nous manquons cruellement de données épidémiologiques et économiques pour nous permettre de faire les choix les plus efficaces possibles dans les mesures de politique de santé, parfois aussi de politique sociale, que nous pouvons prendre.

C'est la raison pour laquelle la présente motion demande que nous puissions disposer des données nécessaires à l'élaboration d'une stratégie nationale qui sera menée en collaboration par la Confédération, les cantons, les communes et les privés, parce que seule cette collaboration permet d'atteindre les meilleurs résultats possibles. Elle constitue dans ce sens la base de la motion suivante 09.3510, déposée par Monsieur Wehrli, qui demande cette stratégie et qui va l'expliquer de ce fait.

Je vous remercie de soutenir ma motion.