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Bourgeois Jacques · Nationalrat · 2011-06-08

Bourgeois Jacques · Nationalrat · Freiburg · Freisinnig-demokratische Fraktion · 2011-06-08

Wortprotokoll

L'augmentation de 4 pour cent de la consommation d'électricité en ce début d'année, reflet de la reprise économique, ne va pas faiblir au cours de ces prochaines années. En effet, l'évolution démographique, le remplacement de nos chauffages à mazout par des pompes à chaleur, l'électrification de notre mobilité feront encore accroître la demande en électricité.

Stabiliser durant 25 ans notre consommation d'électricité à 60 térawattheures, comme le suggère le Conseil fédéral, c'est économiser près de la moitié de notre consommation actuelle, ce qui est un objectif très ambitieux, voire démesuré.

La première condition à remplir est que notre approvisionnement en électricité doit constamment être assuré, surtout en hiver! La deuxième condition prévoit que plusieurs paramètres entrent en ligne de compte: la préservation des êtres humains et de l'environnement par le biais de productions émanant des sources d'énergie les plus sûres, à faibles émissions de gaz à effet de serre et économiquement avantageuses, afin de ne pas désavantager notre économie ni de péjorer le pouvoir d'achat de notre population.

Pour le groupe libéral-radical, il faut une approche responsable, pragmatique et rester cohérent sur le plan de notre législation, qui doit évoluer. En premier lieu, il faut procéder à une analyse détaillée de la situation et des conséquences sur notre économie et sur la population, ce que le Conseil fédéral n'a manifestement pas suffisamment pris en compte dans sa décision. A l'horizon 2020, nous devons trouver des alternatives aux 15 pour cent d'électricité produits par nos centrales nucléaires qui arrivent au terme de leur durée d'exploitation.

Ne couvrant actuellement qu'environ 1 à 2 pour cent de nos besoins en électricité, les énergies éoliennes et photovoltaïques ne pourront à l'avenir pas couvrir la totalité de nos besoins. Cette perspective ignore la réalité. Toutefois, le groupe libéral-radical se veut offensif dans ce domaine afin d'exploiter l'entier du potentiel existant. Le modèle de la rétribution à prix coûtant du courant injecté devra être corrigé. Nous ne pouvons pas continuer de garantir, au travers des deniers publics, des prix sur 20 à 25 ans, alors que les installations s'amortissent sur environ 12 ans. Cette réforme doit permettre de résorber les listes d'attente.

Le potentiel de notre énergie hydraulique devra également être pleinement exploité et notre réseau électrique devra être renouvelé avec la garantie d'interactions entre les utilisateurs et le marché européen. Ce nouveau réseau dit "intelligent" et appelé "smart grid" est une priorité à réaliser à moyen terme.

Pour atteindre ces objectifs dans le domaine des énergies renouvelables et de notre réseau de transport, les lois actuelles, comme la loi sur l'aménagement du territoire, devront être adaptées. Un plan directeur national des potentiels exploitables pour la géothermie et l'éolien devra être établi; il permettra de simplifier et de réduire les procédures d'autorisation et les oppositions. Abolissons cette bureaucratie qui nous étouffe et qui condamne chaque initiative visant à améliorer notre situation sur le plan énergétique.

Une autre offensive doit avoir lieu dans le domaine de l'efficacité énergétique. Aujourd'hui, des mesures sont en cours pour assainir les bâtiments, qui consomment 40 pour cent de notre énergie, et pour promouvoir la mobilité avec des véhicules moins polluants. Les prescriptions en matière d'appareils électroménagers, par exemple, devraient être, en coordination avec l'Union européenne, renforcées. D'ici à 2013, nous devrions être un pays de standard A. Aujourd'hui, 5 pour cent de notre électricité est utilisée par les chauffages électriques, lesquels devraient être interdits et remplacés à l'horizon 2022.

L'économie d'énergie passe également par la responsabilité et l'attitude de tout un chacun. Ainsi, nous devrons disposer d'ici à 2013, d'appareils appelés "smartmeter" qui nous permettront de contrôler et d'optimiser notre consommation d'électricité.

Nous devrons également prendre en compte la nécessité de disposer de courant en ruban, qui n'est pour l'instant garanti que par le biais de l'hydraulique et du nucléaire, mais que l'éolien ou le photovoltaïque ne peuvent fournir vu l'instabilité de leur production.

Nous sommes amenés à résoudre une équation à plusieurs inconnues. L'avenir résidera dans un "mix" énergétique, quoi qu'il arrive. Il n'y aura pas de solution absolue et universelle. Celles et ceux qui contredisent ce fait sont des marchands d'illusions.

C'est dans ce sens que s'engage le groupe libéral-radical; des défis à relever aux moyens d'objectifs clairs et réalistes, notamment atteindre à terme l'objectif de couvrir au moins 20 pour cent de nos besoins électriques par le biais des énergies renouvelables et par le biais d'efficience énergétique. L'économie "verte" ne gagnera son pari que si elle répond, à terme, aux standards de compétitivité et aux règles du marché. Le savoir-faire en matière de technologies et l'esprit innovateur helvétique permettra à notre pays - nous en sommes convaincus - d'atteindre ces objectifs. Fixons les bons paramètres, prenons les bonnes décisions pour que notre économie puisse continuer à prospérer et que la population n'ait pas à faire les frais d'une politique irréfléchie et précipitée.