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Reymond André · Nationalrat · 2011-06-08

Reymond André · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-06-08

Wortprotokoll

Nos brillants magistrats fédéraux connaissent-ils la distinction entre l'optimisme et l'utopie? L'optimisme, c'est de croire que, dans le développement des énergies durables, notre pays peut tout faire pour s'assurer un avenir durable et respecter les engagements du Protocole de Kyoto. Le chemin sera long avant que la Suisse atteigne ces objectifs et sans doute devrons-nous changer certaines de nos habitudes.

L'utopie, c'est de penser que l'on peut d'un simple trait de plume signifier l'arrêt à courte échéance de notre production d'électricité d'origine nucléaire, sans avoir prévu la manière de la remplacer. L'équation est fort simple: où pourrait-on trouver les 26 milliards de kilowattheures que produisent nos cinq centrales nucléaires? On arrive à peine à trouver l'énergie nécessaire à notre consommation actuelle!

Avec l'évolution future de notre démographie et la croissance économique qui ne faiblit pas, nous serons contraints d'accroître nos importations de courant provenant de l'étranger. Mais cela ne suffira pas, d'autant plus que le marché de l'électricité est déjà tendu et qu'il ne va pas s'améliorer dans les années à venir. L'énergie est une ressource qui se fait rare et qui devient de ce fait un bien de plus en plus cher. Mais sous la Coupole fédérale, l'utopie continue! Croit-on sérieusement compenser ce déficit énergétique en relevant le niveau des barrages? Cela peut être un palliatif à court terme, mais c'est loin d'être une solution majeure; le résultat ne serait que quelques millions de kilowattheures supplémentaires, sans aucun impact notable sur notre production d'énergie.

Ceci étant, il est du devoir de la Confédération et des sociétés productrices d'électricité d'anticiper la hausse prochaine des besoins nationaux en procédant rapidement au rehaussement de nos ouvrages hydroélectriques. Tout apport d'énergie supplémentaire sera le bienvenu, mais cela restera insuffisant. Il en va de même pour les énergies renouvelables solaires et éoliennes. Mais ne nous leurrons pas: cette énergie propre et gratuite manque de constance et de disponibilité.

A quoi bon produire de l'énergie écologique si on ne peut pas la stocker quand elle abonde pour la redistribuer quand elle manque? Va-t-on devoir restreindre notre consommation électrique de novembre à mars, sous prétexte que les nuits sont longues ou qu'il n'y a pas suffisamment de vent? Je rappelle que l'énergie solaire pose encore un autre problème: avec un coût de 8000 francs pour 15 mètres carrés, qui pourra payer cette somme?