Graber Jean-Pierre · Nationalrat · 2011-06-08
Graber Jean-Pierre · Nationalrat · Bern · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-06-08
Wortprotokoll
Nous voulons tous la production d'électricité la plus respectueuse possible de la santé publique. A prix égal, nous préférons les énergies renouvelables au nucléaire. Le Conseil fédéral a-t-il pour autant raison de proclamer la sortie définitive du nucléaire en 2034? Nous ne le pensons pas. La décision précipitée de notre gouvernement est contradictoire. De deux choses l'une: soit nos centrales nucléaires sont dangereuses, et il faut immédiatement les mettre hors service, soit on estime acceptable leur exploitation future, auquel cas la date butoir de 2034 est inutile, voire délétère.
De plus, la sortie proclamée du nucléaire se heurte à des difficultés majeures.
La première: pour remplacer le nucléaire d'ici vingt ans, il faudrait multiplier par 400 la production d'électricité de source éolienne ou solaire. C'est illusoire!
La deuxième: les antinucléaires s'opposent souvent aux infrastructures de production d'électricité d'origine hydraulique [PAGE 985] ou éolienne. On rejette par exemple le rehaussement du barrage du Grimsel. Pour ne rien arranger, nos procédures d'autorisation sont sophistiquées et lentes.
La troisième: il est hypocrite de renoncer à l'électricité d'origine nucléaire chez nous et d'en importer de France.
La quatrième: le peuple est loin d'être disposé à payer son électricité nettement plus cher. Le 15 mai dernier, les Bernois ont massivement rejeté un projet impliquant une participation financière des propriétaires et des consommateurs d'électricité destinée à promouvoir l'efficacité énergétique.
La position du Conseil fédéral relève d'une forme de romantisme énergétique; je vous invite à la rejeter afin de préserver le pouvoir d'achat de la population, la compétitivité de nos entreprises, la sécurité de notre approvisionnement, et même la stabilité de la démocratie libérale.