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Reymond André · Nationalrat · 2011-09-28

Reymond André · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2011-09-28

Wortprotokoll

Les limites de la solidarité européenne sont visibles depuis que la crise économique frappe l'Union européenne: les travailleurs européens qui songent à venir travailler en Suisse sont plus nombreux. Situation paradoxale pour ceux qui, en 1992, prédisaient l'écroulement de notre économie en cas de refus d'adhérer à l'Europe! Non seulement notre économie se porte globalement bien, mais, en plus, elle apparaît toujours comme un îlot de prospérité dans un continent en pleine faillite financière. Remercions pour sa sagesse le peuple suisse qui a refusé de nous soumettre aux banquiers de Francfort, à leur euro en plein naufrage et aux virevoltes tragicomiques du tandem Paris-Berlin!

Mais, ce constat étant fait, il ne faut pas s'endormir sur un "matelas d'autosatisfaction". Les remous de la zone Europe, la chute libre de l'économie américaine font peser de lourdes menaces sur l'avenir. Si notre économie a résisté aux turbulences financières qui affectent les pays qui nous entourent, rien ne garantit la situation future de nos entreprises ni le maintien de la stabilité de nos comptes publics. Un ralentissement de notre activité industrielle reste toujours possible et ses conséquences sur l'emploi doivent être anticipées.

L'initiative du 1er août n'a rien de commun avec celle restée fameuse dans les années 1970, celle de Schwarzenbach. Il s'agit d'éviter un afflux massif de travailleurs étrangers sur notre territoire en légiférant d'une manière anticipative. En seulement quatre ans, faut-il le rappeler, les accords de Schengen et celui sur la libre circulation des personnes nous ont valu l'arrivée de plus de 330 000 citoyens européens sur notre territoire.

Imaginez le coût de cette nouvelle immigration: nouvelles infrastructures pour les transports, l'éducation ou la santé, nouveaux logements à bâtir, alors qu'on arrive à peine à loger ceux qui vivent déjà ici! Plus d'écoles, de collèges et d'enseignants; plus d'hôpitaux et de personnel hospitalier, et ceci à quel prix? Imaginez la hausse des cotisations sociales, l'explosion des primes d'assurance-maladie et l'envolée des budgets des retraites!

Si le rêve d'une expansion économique européenne s'est évanoui, est-ce à nous de payer pour l'inconséquence de nos voisins? Dès maintenant, il faut établir des limites strictes à l'arrivée de nouveaux citoyens étrangers sur notre territoire et, surtout, dans nos entreprises.

Mais il n'y a pas que nos voisins européens qui piaffent à nos frontières: toute une population, venant pêle-mêle d'Afrique, d'Asie, d'Amérique du Sud, se presse à l'entrée de notre territoire, faisant fi des lois sur l'asile et le séjour des étrangers. Tous ces immigrés, sans qualifications professionnelles, vont vite grossir les rangs de l'assistance sociale ou le relevé quotidien des interventions de la police. Notre pays ne peut pas en accueillir plus! Les bénéficiaires de l'aide sociale sont déjà légion!

Quant aux restrictions à l'entrée de notre territoire, n'oublions pas d'englober également les travailleurs frontaliers, qui occupent aussi des postes que nombre de Suisses aimeraient bien repourvoir: rien qu'à Genève, ils sont 110 000 à franchir la frontière. Converti en euros, leur salaire helvétique leur assure un confort financier sans égal. C'est pour eux que les cantons romands rétrocèdent aux départements de France voisine une partie des recettes fiscales prélevées à la source. Ces sommes conséquentes augmentent avec le nombre de frontaliers engagés dans nos entreprises. Il ne s'agit pas de récupérer des thèses populistes ou haineuses, mais simplement de regarder les problèmes de l'emploi avec bon sens!

Nous ne savons pas de quoi seront faits les lendemains qui s'approchent. Il faut agir aujourd'hui plutôt que de subir demain. "Gouverner, c'est prévoir."