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Regazzi Fabio · Nationalrat · 2011-12-22

Regazzi Fabio · Nationalrat · Tessin · Fraktion CVP-EVP · 2011-12-22

Wortprotokoll

En 2007, cela a été rappelé plusieurs fois, le Tessin a été le premier canton à introduire des dispositions pour interdire la fumée dans les lieux publics. Ce faisant, il s'est hissé à la pointe du combat contre le tabagisme. Après lui, d'autres cantons ont suivi et adopté des législations comportant des différences assez importantes entre elles. Entre-temps, plus précisément le 1er mai 2010, la loi fédérale sur la protection contre le tabagisme passif est entrée en vigueur. C'est un pas important dans la bonne direction, mais malheureusement cette loi présente trop de lacunes si bien qu'elle a été qualifiée de "loi diluée".

Aujourd'hui, il est justifié de recommander au peuple et aux cantons d'accepter l'initiative populaire lancée par la Ligue pulmonaire, qui réclame une interdiction stricte dans tout le pays. Le statu quo est insatisfaisant sous plusieurs points de vue. Je donne quelques exemples.

En premier lieu, il est opportun d'adopter une solution valable pour l'ensemble de la Suisse dans le but d'harmoniser la jungle des réglementations cantonales. Malgré le fait que nous soyons dotés d'une loi fédérale, aujourd'hui encore les 60 pour cent de la population suisse continuent à être exposés aux risques et aux conséquences de la fumée passive. Faire appel au fédéralisme, principe que je respecte et défends, lorsqu'il s'agit de protéger la santé publique me paraît franchement déplacé.

Un autre argument qui est souvent évoqué est celui des petits cafés en périphérie, dont l'existence semblerait menacée. Or gardons notre calme. Au Tessin, on avait beaucoup insisté sur cet aspect, mais la réalité des faits atteste que cette préoccupation est sans fondement. L'expérience tessinoise démontre qu'aucun café, bar ou restaurant n'a dû fermer à cause de l'interdiction de fumer.

Le principal motif en faveur de l'adoption de mesures plus restrictives en matière de fumée passive est l'état de santé de la population suisse, sans oublier l'état de santé de celles et de ceux qui travaillent dans les lieux où la fumée est autorisée et qui sont directement exposés à ses effets nocifs.

Une réglementation plus musclée, comme elle est proposée par l'initiative populaire, limite l'incidence d'infarctus du myocarde et les maladies du système respiratoire, comme le démontrent plusieurs études cliniques, sans oublier les bienfaits internes de réductions des coûts de la santé - on part de quelques centaines de millions de francs dérivés dans l'interdiction plus restrictive de fumer -, objectif que ce Parlement, et j'espère aussi le Conseil fédéral, devraient avoir très au coeur. Les expériences dans les cantons et les Etats qui ont adopté une législation beaucoup plus restrictive indiquent des bénéfices significatifs, largement supérieurs aux désavantages.

Personnellement, après avoir été le "pater legis" de l'interdiction de fumer dans le canton du Tessin, je ne peux que soutenir avec conviction cette initiative populaire, car je suis persuadé qu'elle apporte la meilleure solution.