Recordon Luc · Ständerat · 2011-12-20
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2011-12-20
Wortprotokoll
Bien entendu, la position de la minorité ne consiste en aucune façon à émettre un geste hostile à l'égard des éleveurs en particulier et des milieux de l'agriculture en général. Nous trouvons en revanche que, du point de vue systémique, cette subvention particulière à l'exportation est malvenue, et cela pour différentes raisons.
Notre système de soutien à l'agriculture est fondamentalement axé sur les paiements directs. La somme qui devrait être prélevée et qui n'est évidemment pas énorme - de l'ordre de 4 millions de francs par année - le serait néanmoins au détriment des paiements directs. Cela induit une distorsion logique, en quelque sorte, dans le système. En outre, cela entre vraiment en collision avec ce que l'on peut essayer de faire de raisonnable dans le cadre des accords internationaux. L'Union européenne, notamment, ne pratique pas, elle non plus, l'aide aux exportations entre les pays de l'Union européenne, mais seulement vis-à-vis de ceux qui sont extérieurs. Or, il est évident que si l'on veut exporter du bétail, en Suisse, on l'exportera essentiellement en direction des pays européens. On se met donc dans une situation assez malheureuse de discordance. Enfin, le principe même du choix de soutenir l'exportation de bétail semble assez malvenu. Les transports d'animaux, on le sait, posent des questions difficiles en ce qui concerne la protection des animaux. Par ailleurs, nos produits phare ne sont pas ceux-ci dans le domaine agricole, mais ceux qui ont droit à des appellations d'origine ou des indications géographiques de provenance, comme les fromages ou peut-être un jour nos vins, si nous étions moins malhabiles. Mais mettre soudain l'effort sur l'exportation de bétail, ce qui aurait pour effet de perturber les prix sur le marché intérieur du bétail en les faisant peut-être monter indûment pour ceux qui doivent se procurer des animaux sur le marché intérieur, est franchement assez malvenu.
Il y a donc toute une série de raisons qui font que nous estimons que cet argent relève un peu de la politique arrosoir: on a envie d'être gentil, mais on ne cible pas ce qui devrait l'être.
C'est la raison pour laquelle la minorité vous prie de ne pas entrer en matière sur ces projets et, au pire, de ne pas lever le frein aux dépenses.