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Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · 2001-06-11

Ménétrey-Savary Anne-Catherine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2001-06-11

Wortprotokoll

Je vous propose de ne pas transmettre la motion Raggenbass, y compris sous forme de postulat. Pourtant, il faut reconnaître que les requérants d'asile entraînent probablement plus de frais que les résidents en Suisse.

J'ai là une importante étude réalisée dans le canton de Vaud, qui est très loin d'évaluer à 50 pour cent le surcoût des frais de santé liés aux problèmes des requérants d'asile. En revanche, cette étude constate un surcoût d'environ 20 pour cent pour 1999. Elle reconnaît aussi que cette augmentation des coûts est liée à un cumul de toutes sortes de problèmes liés à la situation des requérants d'asile et aux traumatismes qu'ils ont vécus, toute une série de symptômes psychosomatiques ou de symptômes psychiques: insomnie, angoisses, nervosité.

Une autre cause semble résider dans la méconnaissance du système de soins et des problèmes de langue. Dans le canton de Vaud, un système de réseau a été mis en place, le réseau de santé Farmed. On a pu constater que la diminution des coûts est alors importante. Ainsi, par exemple, l'étude d'évaluation constate que les infirmiers du réseau en question réussissent à répondre à 61 pour cent des problèmes posés en consultation.

Donc, il est complètement faux de dire que ce sont les requérants d'asile qui génèrent une hausse des primes de l'assurance-maladie. En plus, de toutes les données que j'ai pu voir, jamais - jamais! - il n'a été question, comme M. Raggenbass le laisse entendre, que les problèmes de santé seraient dus à des bagarres ou à des automutilations. Je proteste contre cette manière de parler, qui est une façon grossière de discréditer les requérants d'asile.

Ensuite, si le réseau de santé est un système efficace, pourquoi ne devrait-il l'être que pour les requérants? Pourquoi devrions-nous rationner les soins pour les requérants d'asile pendant que nous, nous nous gavons de pilules et que nous consommons des soins de confort extrêmement coûteux? Les cas que M. Raggenbass vient de citer sont des cas chers, mais je ne vois pas en quoi ils se distinguent des cas particuliers de toute une série de personnes qui sont suisses ou qui vivent en Suisse.

Bien sûr, par rapport aux problèmes de santé des requérants, ce serait tellement plus simple si on pouvait aller les choisir sur place, nos requérants, si on pouvait les trier, les prendre tels qu'ils nous ressemblent, des gens propres, discrets, surtout en bonne santé! Eh bien, l'asile, c'est tout le contraire. Les gens qui viennent chez nous ne sont pas ceux pour qui tout va bien, ils ne sont pas en pleine forme, ils ne sont pas prospères. Leur offrir la protection, c'est non seulement garantir leur sécurité, mais c'est aussi apaiser leurs souffrances, voire même leur redonner des forces et des ressources pour préparer leur retour.

Quant au délai de carence que M. Raggenbass propose, non seulement il est méchamment discriminatoire, mais en plus il est totalement contreproductif. Attendre pour soigner les gens, c'est vraiment le meilleur moyen d'augmenter les coûts. Je ne peux pas comprendre que quelqu'un qui prétend viser la rationalisation des soins puisse proposer des méthodes autant à courte vue.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de ne transmettre ni cette motion ni même un éventuel postulat.