Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2012-05-02
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-05-02
Wortprotokoll
Dans cette partie du débat, le groupe socialiste soutiendra les propositions de la majorité [PAGE 609] lors des différents votes, également aux chiffres 40, 42ter et 46ter, objets de propositions de minorité.
En ce qui concerne le chiffre 40, alors que la majorité de la commission souhaite l'adoption et la mise en oeuvre du rapport du Conseil fédéral sur la politique de sécurité de la Suisse, la minorité nous paraît s'accrocher de façon nostalgique à la vision d'une armée immuable. Mais il convient de s'en souvenir: le mur de Berlin est tombé. La Suisse vit au milieu d'Etats de droit démocratiques et stables ayant tous en commun des valeurs fondamentales comparables aux nôtres. Les effectifs de l'armée vont être réduits ces prochaines années à 80 000 ou 100 000 hommes. Le service civil a le vent en poupe, car de plus en plus de jeunes veulent servir le pays de manière concrète, altruiste, loin du bruit des armes, pour contribuer à la construction d'un monde meilleur et plus humain.
A l'heure actuelle, un jeune conscrit sur deux approximativement effectue son école de recrues. Vu la réduction prévue des effectifs militaires, aucune raison ne motive le renforcement de l'obligation de servir. Les dangers potentiels qui menacent la Suisse ont changé de caractère et sont de plusieurs ordres: l'écologie, le nucléaire, les armes de destruction massive, le terrorisme, la cybercriminalité. Et les moyens de s'en prémunir nécessitent une évolution des moyens de se défendre. L'armée doit changer. Dans son message, le Conseil fédéral jette les bases de cette nécessaire évolution. Nous saluons notamment l'affirmation du Conseil fédéral qui dit qu'"assurer la sécurité, c'est aussi contribuer à la stabilité et à la paix au-delà de nos frontières".
Au sujet du chiffre 42, la volonté du Conseil fédéral de lutter contre le crime organisé nous paraît claire et déterminée. Nous saluons l'ajout d'un chiffre réclamant des mesures appropriées pour éliminer toute forme de traite des êtres humains et d'exploitation. Par contre, ajouter un chiffre 42ter pour faire référence à la mise en oeuvre d'une certaine initiative sur le renvoi ne recevra pas notre soutien. Cet objet est en cours de traitement par le Conseil fédéral.
Concernant le chiffre 46ter, une minorité demande l'élaboration d'un rapport sur les coûts et l'utilité des accords de Schengen et de Dublin. Nous soutiendrons la majorité. Ces systèmes sont sans doute perfectibles mais une telle étude nous paraît inutile, car les avantages offerts par ces traités dépassent de loin les inconvénients des coûts modestes qu'ils induisent. L'accès aux données informatiques offert par les accords de Schengen permet d'améliorer l'efficacité de notre lutte contre la criminalité. Quant aux accords de Dublin, la Suisse bénéficie clairement de cette convention. Nous avons l'impression que le but des auteurs de la proposition de la minorité est de revenir sur ces traités pour les dénoncer.
A noter, concernant la sécurité à nos frontières, que le Parti socialiste est favorable au renforcement du Corps des gardes-frontière. Encore faudrait-il que notre Parlement accepte de donner à l'Etat les moyens nécessaires à cet effet.