John-Calame Francine · Nationalrat · 2012-05-02
John-Calame Francine · Nationalrat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2012-05-02
Wortprotokoll
Pour les Verts, il est important que nous développions des accords internationaux, ceci plus particulièrement dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la sécurité des produits et de la santé publique. Par contre, nous sommes bien plus sceptiques quant à la nécessité de signer des accords avec l'Union européenne dans le domaine de l'agriculture. D'une part, parce que les conséquences sur la qualité des produits, suite à l'introduction du principe du "Cassis de Dijon", nous ont laissés vraiment amers et, d'autre part, parce que ces accords ne nous garantissent ni une production agricole respectueuse de l'environnement, ni une détention soucieuse du bien-être des animaux, ni des conditions sociales et salariales minimales pour la main-d'oeuvre agricole. Il suffit d'observer ce qui se passe actuellement en Espagne ou en France dans ce domaine pour se convaincre que là ne se situe pas l'avenir de notre agriculture.
C'est la raison pour laquelle la majorité de notre groupe soutiendra la proposition de la minorité I (Bugnon) au chiffre 28 de l'article 10.
La sécurité alimentaire sera un des thèmes centraux des prochaines années, car selon la Banque mondiale, un milliard d'êtres humains - dont 75 pour cent vivant en zone rurale - souffrent de faim, de malnutrition et de pauvreté. Pour les pays occidentaux la sécurité alimentaire se comprend davantage comme un accès à des denrées alimentaires saines et exemptes de germes pathogènes.
La sécurité alimentaire devrait permettre d'éviter ou au moins d'atténuer les crises alimentaires, qu'elles soient dues au climat, à la guerre, à la politique ou à la qualité des produits. Les Verts pensent qu'il est de la responsabilité de tous les Etats de s'organiser pour assurer un minimum de sécurité alimentaire au niveau mondial. En ce sens, ils saluent la volonté du Conseil fédéral de signer des accords avec l'Union européenne sur ce thème. Le système alimentaire actuel est en train de s'écrouler sous la pression conjuguée du changement climatique, de la dégradation écologique des milieux naturels, de la croissance démographique, de l'augmentation inéluctable du prix de l'énergie, de la demande croissante de viande et de produits laitiers, de l'accroissement de la pression des agrocarburants sur les terres agricoles et sur les ressources hydriques et de la disparition de surfaces agricoles importantes due à l'accaparement de terres par certaines industries et à une urbanisation galopante, malheureusement pas toujours maîtrisée.
Le fait que les rendements agricoles plafonnent et que les ressources naturelles s'épuisent représente un défi majeur à relever pour notre avenir. Dès lors, il faut absolument que notre gouvernement s'engage de manière déterminée en faveur d'une politique coordonnée au niveau international pour garantir cette sécurité alimentaire, mais aussi au niveau national pour orienter notre production agricole vers plus d'écologie et moins de gaspillage. Cela signifie que nos sols doivent rester vivants et que la gestion de l'eau doit être améliorée, car, pour garantir la fertilité et la santé des sols et par conséquent la qualité de notre alimentation, nous devons absolument prendre des mesures pour éviter la pollution et l'érosion. Un aménagement du territoire coordonné sera aussi le garant du maintien des surfaces agricoles, car les surfaces agricoles productives se trouvent en concurrence directe avec les surfaces destinées à l'habitat et aux infrastructures.
Dans les relations que nous entretenons avec l'Union européenne, mais aussi avec l'OMC et l'ONU, nous devrions aussi nous engager pour soustraire les produits agricoles à la spéculation financière, pour lutter contre la disparition importante de surfaces arables et pour promouvoir cette agriculture de proximité garante d'un meilleur accès à des produits de qualité.