Neirynck Jacques · Nationalrat · 2012-09-20
Neirynck Jacques · Nationalrat · Waadt · Fraktion CVP-EVP · 2012-09-20
Wortprotokoll
Faute de temps, je me concentre sur un point extrêmement précis. Nous avons eu en commission une controverse sur l'accroissement du nombre d'étudiants des EPF comparé à l'évolution du budget. Selon Monsieur le conseiller fédéral Berset, le budget a toujours couvert et couvrira à l'avenir encore le nombre des étudiants, à de rares exceptions près, et il ne doit pas être augmenté au-delà de ce que propose le message. Je vais démontrer le contraire.
Sur les quatre dernières années, nous comparons les deux chiffres dans l'ordre suivant: croissance du nombre d'étudiants, croissance des budgets. A partir de 2008, cela donne ceci: 7,5 pour cent d'étudiants en plus, 6 pour cent de budget en plus; 7 pour cent, 3,2 pour cent; 6,9 pour cent, moins 0,2 pour cent; 6,3 pour cent, 1,7 pour cent. Ces chiffres proviennent de l'Office fédéral de la statistique. En chiffres cumulés sur la période, cela donne une charge d'enseignement augmentant de 30,9 pour cent, comparé à un budget augmenté de 11 pour cent. Sur la même période, il faut ajouter dans les charges le renchérissement salarial de 3,9 pour cent et l'augmentation des charges sociales de 5 pour cent, soit une augmentation globale des charges de 39,8 pour cent et des moyens augmentés de 11 pour cent - soit à peu près le quart de ce qu'il aurait fallu.
Dans ce calcul, rien n'est prévu pour la recherche. Fin de la démonstration, qui pour moi est concluante. Bien entendu, on peut rétorquer - et le Conseil fédéral ne s'en est pas privé - qu'il s'agit du passé et que l'on n'est pas tenu dans la période 2013-2016 de compenser les déficiences de la période précédente. On peut se reposer sur les prévisions d'augmentation contenues dans le message et prétendre que les prévisions budgétaires les couvrent. Mais ces prévisions sont d'ores et déjà dépassées.
A la rentrée 2012, le nombre d'étudiants en première année de l'EPFL a augmenté de 14 pour cent. Non seulement le nombre d'étudiants augmente, mais il pourrait augmenter davantage. D'ores et déjà l'EPFL reçoit plus de demandes d'inscriptions en master qu'elle ne peut en accepter. Les étudiants provenant du dehors de l'institution sont refoulés à 90 pour cent: nous en prenons 200 sur 2000. On ne peut pas se plaindre de la pénurie du personnel MINT selon une antienne reprise dans tous les discours, s'interroger avec perplexité sur les causes de ce phénomène, proposer des remèdes dérisoires et en même temps ne pas donner aux EPF le moyen d'absorber ces candidats.
Si tels sont les moyens de la politique - j'ai bien entendu le message du Conseil fédéral: "Nous n'avons plus d'argent!" -, alors il faut avoir la politique de ses moyens. J'attends du Conseil fédéral qu'il propose un numerus clausus pour les EPF à la hauteur du budget qu'il peut consentir, ou bien qu'il ajuste son budget à la croissance naturelle du nombre des étudiants. Je remets au Conseil fédéral les statistiques qu'il a l'air d'ignorer.