Robbiani Meinrado · Nationalrat · 2001-06-20
Robbiani Meinrado · Nationalrat · Tessin · Christlichdemokratische Fraktion · 2001-06-20
Wortprotokoll
Au cours des dernières semaines, l'Office fédéral de la statistique nous a appris que l'évolution des salaires réels, pendant l'année dernière, n'a aucunement suivi le contexte conjoncturel positif. Cela contraste entre autres avec l'annonce d'une probable augmentation des primes, pour l'assurance-maladie, qui continuera donc à constituer un facteur d'érosion des revenus. Cet écart entre l'évolution des primes, d'un côté, et des salaires, de l'autre, est d'autant plus préoccupant que les mécanismes censés équilibrer le système ne profitent pas à un nombre élevé d'assurés des couches moyennes qui subissent de façon aiguë le poids des primes.
Cela dit, il ne s'agit toutefois pas de faire le procès de la LAMal, comme cela semble être l'intention qui se cache derrière cette interpellation. Il s'agit surtout de ne pas faire prévaloir les éléments du marché sur ceux de la planification. Il ne s'agit même pas de faire prévaloir les éléments de la concurrence sur ceux de la solidarité. Il suffirait de regarder ce qui se passe à l'intérieur des assurances complémentaires pour avoir une idée claire des effets d'une telle direction de marche. Il s'agit plutôt de continuer à faire évoluer la LAMal vers des formules plus efficaces de maîtrise des coûts et de prise en charge des situations où les primes sont source de malaise pour les assurés.
Il est indéniable que toute solution efficace passe prioritairement par la maîtrise des coûts du système de santé à leur source. S'il y a des réalités telles que l'évolution démographique, qui laisse une marge de manoeuvre plus restreinte, il y a toutefois aussi des mécanismes, tant du côté des prestataires de soins que du côté des assurés, qui alimentent une utilisation excessive de la médecine et qu'on doit arriver à désamorcer. On ne pourra pas d'ailleurs non plus éviter de se confronter aux pouvoirs réels qui influencent ou conditionnent le système de la santé aujourd'hui, qu'il s'agisse du corps médical, des sociétés pharmaceutiques et même des assureurs-maladie. Mais pour s'y confronter, il faut soutenir et renforcer l'action du Conseil fédéral, plutôt que de chercher à en affaiblir le rôle.
Entre-temps, il est aussi indispensable d'intervenir du côté des primes. Les assurés, surtout les familles, ont besoin de mesures urgentes en leur faveur. A mon avis, la deuxième révision de la LAMal nous en offre la possibilité. Il est donc nécessaire de compléter les mesures proposées par le Conseil fédéral par des formules de réduction du poids des primes de l'assurance-maladie. J'espère que les collègues qui ont lancé aujourd'hui le débat seront aussi là quand, prochainement, il s'agira, dans le cadre de la révision de la LAMal, d'adopter des mesures pouvant soulager les assurés. Nous attendons avec intérêt de pouvoir vérifier leur cohérence.