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Bernasconi Maria · Nationalrat · 2013-04-17

Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-04-17

Wortprotokoll

Pour une fois, je suis cent pour cent d'accord avec Madame Amaudruz. Je partage ses propos à cent pour cent. Y aurait-il un "Röstigraben" au sein de l'UDC? On peut vraiment se poser la question. Effectivement, ce matin, d'autres personnes de ce même groupe se sont dévoilées: elles veulent supprimer le droit fondamental des femmes de disposer de leur corps, de décider si oui ou non elles veulent mener à terme une grossesse. Votre décision personnelle vous appartient; mais vous n'avez pas à l'imposer à d'autres. Cette volonté de vouloir forcer les gens à vivre selon vos préceptes moraux est - comme l'a dit très justement ce matin Monsieur Wermuth - le propre de systèmes dictatoriaux. Or nous vivons dans une démocratie et le peuple s'est prononcé clairement pour la solution des délais.

L'initiative dont nous parlons aujourd'hui est néfaste, parce qu'elle a des conséquences particulièrement dramatiques pour les femmes sans ressources, comme par exemple les femmes migrantes, les femmes très jeunes ou au chômage.

Un moins bon accès à l'interruption de grossesse effectuée selon les règles de l'art engendre une mise en danger de la santé et de la vie des femmes. Car les avortements clandestins et le recours à des méthodes "do it yourself" risquées, comme par le passé, augmentent. Et aussi parce que les femmes devant d'abord se procurer l'argent nécessaire, les interruptions se font à un stade plus avancé de la grossesse, donc avec plus de risques.

La radiation de l'interruption de grossesse du catalogue des prestations de base ne réduirait pas les coûts de la santé; elle les augmenterait au contraire. D'abord, il faut le répéter et beaucoup de gens l'ont déjà dit, la Suisse a le nombre d'IVG le plus bas d'Europe. Leurs coûts sont négligeables: ils représentent moins de 0,03 pour cent du coût global de la santé. Si les IVG ne sont plus remboursées par l'assurance, certaines grossesses devraient être menées à terme avec des coûts finaux beaucoup plus élevés. En réalité, le but ultime des initiants est - contrairement à ce qu'a dit Monsieur Freysinger - de revenir à une interdiction de l'avortement. Car il a dit, dans les "Nouvelles de France" le 20 mai 2011: "Le but final est de revenir à une pratique où l'avortement n'est autorisé qu'en cas de danger pour la vie de la mère." [PAGE 677]

Pour les initiants, les femmes qui le désirent n'ont qu'à contracter une assurance privée contre le risque de grossesse. C'est tout simplement un comble! Comme si les femmes étaient les seules responsables du contrôle des naissances et surtout comme si elles prévoyaient d'avorter! L'avortement est dans tous les cas un événement douloureux que personne ne planifie. Il y a d'ailleurs aussi des méthodes modernes de contraception qui ne sont pas infaillibles. Un accident de contraception est vite arrivé. De plus, beaucoup de femmes peinant déjà à payer leurs primes d'assurance-maladie de base, on voit mal comment elles financeraient des assurances complémentaires.

C'est une question de justice sociale: l'avortement a sa place dans le catalogue des prestations de l'assurance de base, n'en déplaise aux ultraconservateurs de ce Parlement, qui ont tout fait pour empêcher la création de l'assurance-maternité et qui se battent avec conviction contre toutes les mesures de politique familiale! On peut se poser la question de savoir si ces personnes n'aiment en définitive les enfants que quand ils ne pleurent pas encore la nuit!

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