Maire Jacques-André · Nationalrat · 2012-11-26
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-11-26
Wortprotokoll
Les réformes du système de formation visent, ces dernières années, notamment à garantir une très bonne qualité des formations et à en maîtriser les coûts pour les collectivités publiques; tout cela est très bien. Mais dans la réalité, il faut bien admettre que ces objectifs ne peuvent être atteints qu'avec de multiples regroupements afin que les institutions atteignent une taille critique; cela aussi, c'est bien pour l'émulation, pour la qualité, mais cela a des conséquences importantes sur les déplacements des personnes en formation, que ce soit au niveau des hautes écoles - nous voulons que les centres de compétences soient regroupés; nous l'avons voté dans la loi -, ou que ce soit pour les apprentissages avec les cours professionnels ou les cours interentreprises - nous faisons des classes intercantonales. Cela génère [PAGE 1849] d'importants coûts de déplacement à la charge des jeunes en formation ou de leur famille.
La formation est un grand défi pour notre pays; cela a déjà été relevé plusieurs fois dans ce conseil: il y a déjà une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée dans plusieurs domaines, notamment dans le domaine MINT et de la santé. Par conséquent, nous devons vraiment nous engager dans une offensive pour la formation. Si je parle d'offensive, ce n'est pas pour rien: pour essayer de résoudre le problème des surcoûts liés aux frais de déplacement, je propose que nous nous inspirions du modèle qui est en vigueur pour l'armée. En effet, les militaires en service ont droit à la gratuité des transports publics entre leur domicile et leur lieu de service. Me basant sur ce système, je propose que nous introduisions non pas la gratuité, parce que nous voulons rester pragmatiques et trouver une solution qui soit financièrement supportable, mais que nous introduisions un système très simple où la carte d'apprenti ou d'étudiant fait office de titre de transport moyennant l'achat d'une vignette qui sera apposée sur cette carte. Ce système fonctionne en Allemagne, dans plusieurs Länder, dans les banlieues des grandes villes où l'on va se former; ce système extrêmement simple du point de vue administratif fonctionne très bien. Il reste à déterminer, bien entendu, le montant qui doit être encaissé.
On ne va pas se prononcer aujourd'hui à ce sujet; aujourd'hui nous devons prendre une décision de principe: voulons-nous aller dans ce sens? J'aimerais ajouter que ce principe renferme un grand nombre d'avantages. D'abord, il encourage la formation, et cela c'est l'élément essentiel. Il permet vraiment à tous les jeunes de se former, que ce soit dans une voie académique ou dans une voie professionnelle. C'est cela l'autre avantage de ce système. Aujourd'hui, vous le savez certainement, les étudiants des hautes écoles peuvent bénéficier d'un abonnement général CFF à prix réduit, mais ce n'est pas le cas des jeunes qui suivent une formation professionnelle ou une formation professionnelle supérieure. Cela est profondément injuste. Si mon initiative parlementaire est soutenue par l'USAM - qui a écrit à plusieurs d'entre vous -, ce n'est pas un hasard: c'est parce que du côté de l'USAM, on veut encourager la formation professionnelle, on veut renforcer cette filière. J'aimerais vraiment inviter tous les bords politiques à approuver mon initiative, parce que ce n'est pas un problème gauche/droite: on a tous dans notre entourage des jeunes en formation, des familles qui doivent payer un lourd tribut pour financer les déplacements.
Un autre avantage de mon système est qu'il incite les jeunes à utiliser les transports en commun. Quand la gratuité des transports a été introduite pour le service militaire, le taux de fréquentation était de moins de 40 pour cent; aujourd'hui, grâce à la gratuité, ce sont 75 pour cent des militaires qui utilisent les transports publics. Donc l'effet incitatif est bien réel et c'est important pour l'avenir.
Comme je l'ai dit, ce système se veut simple. Evidemment, la critique que l'on m'a adressée en commission - mais je rappelle que la commission a par deux fois accepté de donner suite à mon initiative - est que c'est un exemple d'application du principe de l'arrosoir. Bien sûr, mais je dirai que c'est comme pour les militaires: on n'a pas voulu d'un système compliqué de contrôle des revenus pour mettre en place un système différencié, ce qui dans l'idéal serait évidemment plus convenable.
Je le répète, soyons pragmatiques: ce système pourrait être introduit très facilement. Il resterait à définir le cercle des bénéficiaires; parce qu'il n'est pas question d'utiliser ce titre de transport pour les loisirs, c'est bien pour aller du domicile jusqu'au lieu de formation et réciproquement.
Donc je vous invite vraiment à soutenir cette initiative parlementaire, qui, je le répète, se veut un acte fort de politique de formation, de politique familiale, de politique des transports. Je crois qu'avec ce système, nous réunissons de multiples avantages et j'espère que vous en serez conscients en apportant votre soutien à une décision de principe.