Freysinger Oskar · Nationalrat · 2009-06-03
Freysinger Oskar · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2009-06-03
Wortprotokoll
Mon intervention de ce jour concerne un domaine dans lequel je m'engage depuis des années, un problème qui n'a toujours pas trouvé de réponse satisfaisante. Il s'agit d'abord du problème de la récidive dans le cas de criminels pulsionnels. Durant la session de printemps 2009, notre conseil a refusé, à 5 petites voix près, de donner suite à une initiative parlementaire du groupe UDC dont j'étais le porte-parole, et qui demandait un suivi obligatoire des auteurs d'actes violents d'ordre pulsionnel présentant un risque élevé de récidive. Une semaine plus tard, une adolescente fribourgeoise du nom de Lucie se faisait étrangler par un maniaque qui était passé au travers des mailles du système.
En mémoire de Lucie et pour que sa mort horrible ne soit pas passée par pertes et profits, je reviens aujourd'hui à la charge. De nouveau, le gouvernement me répond que l'arsenal de mesures est suffisant, qu'on ne peut pas, qu'il ne faut pas, que c'est problématique, et j'en passe. A chaque nouveau drame, il se produit le même phénomène: l'Etat se lave les mains, avance son mirobolant faisceau de mesures et dit qu'il n'y est pour rien si la réalité ne se plie pas à l'esprit de ses lois. Je trouve cela un peu court.
C'est pourquoi je demande, à travers la motion 09.3246, "Suivi des délinquants agissant sous l'effet d'une pulsion", déposée au nom du groupe UDC, qu'un suivi obligatoire soit ordonné dans les cas de criminels pulsionnels et que la procédure soit retournée: le juge pourrait uniquement décider de l'abandon du suivi dès lors que le criminel ne représente plus, à coup sûr, le moindre danger pour ses concitoyens. C'est simple et précis, et je vous demande instamment d'adopter cette motion pour éviter dans le futur des cas regrettables comme celui de Lucie.
En lien avec cette problématique, je relève également l'interpellation Rickli Natalie 08.3462 qui fait suite à une autre initiative parlementaire déposée par mes soins et à laquelle ce conseil, voilà deux ans, n'a pas donné suite (04.441). Il s'agit de conserver dans un registre des traces des forfaits commis par des criminels pulsionnels violents qui ont souvent un taux de récidive élevé. Le principe me semble être parfaitement justifié, car comment voulez-vous éviter une récidive lorsqu'un pédocriminel, par exemple, quitte un canton et trouve ailleurs un emploi impliquant la fréquentation d'enfants, dans un endroit où l'on ne sait strictement rien de ses antécédents? C'est tout bonnement irresponsable, et j'espère que le législateur saura trouver un moyen pour éviter ce genre de dysfonctionnements qui se sont produits à plusieurs reprises par le passé.
Dans son interpellation, ma collègue Natalie Rickli demande que les données concernant les criminels pulsionnels violents figurent dans le registre Viclas. Cela permettrait également une investigation plus performante.
Dernier aspect que je voudrais traiter ici: le dossier des fichiers pédocriminels à la Radio suisse romande. J'éprouve un profond malaise lorsque je constate que celui qui a dénoncé l'infraction se retrouve licencié et lui-même soumis à une batterie de plaintes dont le but semble être de le réduire [PAGE 999] au silence. Dans ce dossier, le gouvernement a donné une réponse de Normand à mon interpellation 08.3539: aucune réponse quant à l'identité des enfants figurant dans ce fichier et quant à la démesure des moyens financiers, évidemment des fonds publics, utilisés pour neutraliser celui par qui le scandale est arrivé.
Pendant que je vous parle, 10, 20, peut-être 30 enfants, sans doute suisses et certains habitant le canton de Vaud, sont toujours entre les mains de leurs prédateurs. Certes, un juge d'instruction instruit depuis février 2008, mais rien ne change: aucune perquisition, ni arrestation, ni intervention de la protection de la jeunesse ou même un point de presse pour informer de l'avancement de l'enquête. Quant au volet financier, les dépenses extraordinaires de la direction de la Radio suisse romande pour traiter l'affaire dite Jorge Resende se montent déjà à plus de 2 millions de francs pour indemniser le cadre en possession des photos pédocriminelles, parti avec un parachute doré, défrayer un ancien juge cantonal pour son enquête extrajudiciaire, payer les centaines d'heures de collaborateurs et cadres ayant participé à cette enquête, infiltrer le site Internet de la famille Resende afin de la déstabiliser et la dénigrer, financer les nombreuses séances internes réunissant tous les départements de la RSR afin de briser toute volonté de soutien, défrayer les Securitas supplémentaires censés protéger la RSR 24 heures sur 24 contre les actions d'un soi-disant fou dangereux et financer avocats et juristes pour des plaintes et des mesures préprovisionnelles arbitraires afin de mettre la famille Resende financièrement à genoux. C'est une liste un peu longue! Pendant ce temps rien ne se passe sur le front du délit réel qui touche les enfants.
Chers collègues, cela méritait d'être dénoncé à cette tribune.