Tornare Manuel · Nationalrat · 2013-11-28
Tornare Manuel · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-11-28
Wortprotokoll
Plus de 90 pour cent des 182 Etats membres de l'ONU appliquent un salaire minimum. Et depuis quelques heures, un de plus: l'Allemagne - j'en parlerai dans ma conclusion! En Suisse, près de 320 000 personnes travaillent actuellement pour des salaires de misère! Je ne vais pas revenir sur les chiffres que mes collègues ont donnés abondamment, mais cela représente à peu près 11,2 pour cent des salariés suisses qui entrent dans la catégorie des travailleurs et travailleuses pauvres - "working poor". Malgré leur travail, ces personnes ne parviennent pas à assurer leur subsistance et celle de leur famille, on le sait.
Travailler à plein temps, ne pas réussir à boucler ses fins de mois, dans ce pays, n'est-ce pas une aberration? Nous sommes un des pays les plus riches du monde. Et lorsque le salaire est insuffisant, la hausse des primes des caisses-maladie et des loyers grève lourdement les budgets familiaux. Environ 300 000 personnes sur les 400 000 qui touchent de bas salaires sont des femmes. L'introduction des salaires minimaux est donc aussi un pas important vers plus d'égalité hommes/femmes.
Oui, je suis d'accord avec certains d'entre vous: la libre circulation des travailleurs et des travailleuses a eu des effets positifs sur l'économie suisse. Mais devant les abus d'entreprises étrangères et de faux indépendants, le soutien des Suisses et des Suissesses s'érode. Les contrôles sur les chantiers ont mis en lumière de nombreuses sous-enchères salariales scandaleuses. Il n'y a que douze personnes dans mon canton - Genève - pour surveiller tout cela, ce n'est pas suffisant. D'où la pression sur les salaires suisses. Il faut que le dumping salarial, surtout dans les cantons périphériques, on l'a dit, cesse d'être lucratif pour certaines entreprises. Depuis l'entrée en vigueur de la libre circulation des personnes, le 1er juin 2002, la pression sur les salaires suisses s'est effectivement accrue. Raison pour laquelle les progressistes que nous sommes se sont toujours battus et continueront à se battre pour renforcer les mesures d'accompagnement.
Mais des cas de sous-enchère salariale surviennent sans cesse, précisément dans les branches sans salaire minimum, sans CCT. Des employeurs sans scrupules font pression sur les salaires afin de se procurer des avantages pécuniaires concurrentiels. Cela au détriment de leur personnel, de la qualité de leurs clients et clientes, et aussi des employeurs corrects qui versent des salaires décents, il faut bien le dire. Les contrôles mettent souvent au jour des cas de sous-enchère salariale, par exemple chez les temporaires.
Les marchés du travail ouverts ont besoin d'instruments plus efficaces pour protéger les salaires dans les branches peu organisées, où les femmes et les étrangers représentent une grande partie de la main-d'oeuvre et sont particulièrement menacés par la pauvreté.
Il faut renforcer les mesures de protection: contrôles, sanctions plus sévères, interdiction de travail pour les entreprises qui enfreignent de façon répétée les salaires et les conditions de travail. C'est pourquoi un salaire minimum légal serait un complément important aux mesures d'accompagnement existantes. Il rendrait des salaires de 10, 12 ou 15 francs de l'heure impossibles en Suisse, même dans des branches où les syndicats sont encore faibles. La seule réponse en matière de sous-enchère salariale, c'est le renforcement des mesures d'accompagnement et l'introduction d'un salaire minimum, ce qui éviterait la sous-enchère dans toutes les branches et pas seulement dans celles qui ont une CCT de force obligatoire avec salaire minimum.
La Suisse a besoin de main-d'oeuvre étrangère en provenance de l'Europe, mais cela nécessite de mettre en place des règles de jeu très précises. La Suisse n'a aujourd'hui pas de problème d'immigration, mais un problème de pression sur les salaires. Les responsables de cette pression ne sont pas les travailleurs immigrés, mais des employeurs suisses sans scrupules, ce qui fait augmenter, vous le savez, les populismes dans certains de nos cantons - on l'a vu ces derniers temps!
Nous avons un problème de grave carence dans la législation et la réglementation du travail en comparaison internationale. Refuser le salaire minimum légal, refuser les protections contre les licenciements, refuser d'améliorer les mesures d'accompagnement: cela veut dire que les travailleurs et les travailleuses paient tous les jours le prix de cette politique néfaste. Les effets néfastes de la libre circulation - dont j'ai parlé - sont révélateurs des lacunes au niveau de la protection du marché du travail et des logiques patronales qui empêchent la mise en place des nécessaires protections contre les abus. Faisons un pas vers la justice salariale et recommandons de voter oui à l'initiative sur les salaires minimums qui est un complément indispensable pour renforcer les mesures d'accompagnement.
Je parlais de l'Allemagne. Viele Leute hier hegen Bewunderung für Angela Merkel. Zeigen Sie Ihre Bewunderung, und folgen Sie ihrem Projekt zu einem Mindestlohn!