Piller Carrard Valérie · Nationalrat · 2013-11-28
Piller Carrard Valérie · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-11-28
Wortprotokoll
Lors des débats sur l'initiative 1:12 des jeunes socialistes, j'ai entendu de nombreuses fois de la part des opposants que l'acceptation de cette initiative ne fera en aucun cas augmenter les bas revenus. Aujourd'hui, avec l'initiative sur les salaires minimums, nous avons réellement la possibilité de pouvoir aider ces personnes qui travaillent à 100 pour cent mais qui n'arrivent pas à vivre décemment avec leur salaire.
Les femmes sont les premières concernées par cette initiative: sur les 400 000 travailleurs pauvres en Suisse, 300 000 sont des femmes. En effet, nous le savons très bien, elles sont souvent moins bien payées que les hommes; elles sont beaucoup plus représentées dans les domaines économiques où les bas revenus sont une réalité. Les femmes, parce qu'elles travaillent plus souvent à temps partiel que les hommes, disposent de conditions de travail souvent moins favorables et d'une moins bonne couverture de prévoyance. Elles sont donc plus touchées par la pauvreté.
Aujourd'hui, selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique, les familles monoparentales font partie du groupe le plus exposé à la pauvreté. Elles représentent environ 15 pour cent des familles. Selon une étude de Caritas, 85 pour cent des parents seuls sont des femmes. Encore une fois, elles sont exposées à un risque de pauvreté plus important car elles continuent d'être moins bien rémunérées que les hommes et beaucoup d'entre elles travaillent à temps partiel, afin de pouvoir s'occuper des enfants. Et puis, il y a celles qui n'ont pas le choix de devoir travailler à 100 pour cent afin de pouvoir nourrir leur famille car les pensions qu'elles reçoivent de leur ex-mari ne suffisent pas à faire vivre leur ménage. Elles doivent également parfois cumuler deux emplois, car le premier est rémunéré de façon insuffisante. [PAGE 1883]
Comment peut-on laisser ces familles et ces femmes dans des situations de telle précarité? Doit-on laisser ces personnes aller frapper à la porte de l'aide sociale ou ne faut-il pas plutôt rémunérer leur travail à sa juste valeur?
Ces situations ne sont pas dignes de notre pays. Chacun doit pouvoir vivre dignement grâce à son travail. Alors oui, cette initiative pourra redonner un peu d'oxygène à ces familles, et les femmes seront les véritables gagnantes de ce salaire minimum.
Ce salaire minimum est tout sauf du luxe ou une exigence irréaliste: il s'agit d'un droit que nous devons inscrire dans notre Constitution. Il s'agit simplement de garantir à toutes et tous une rémunération permettant d'assurer un niveau correct d'existence.
Pour toutes ces raisons je vous invite à recommander au peuple et aux cantons d'accepter cette initiative.