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Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2011-12-21

Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2011-12-21

Wortprotokoll

Aujourd'hui, les 111 Etats signataires de la Convention d'Oslo nous regardent. Nous, Suisses, fiers de notre tradition humanitaire, dépositaires des Conventions de Genève, avons le devoir moral de ratifier cette convention sur les armes à sous-munitions. 66 pays, dont le Danemark, la France, la Grande-Bretagne, l'ont déjà ratifiée. Ces armes ne permettent pas d'assurer une défense efficace de notre pays. En revanche, elles mettent en danger les populations civiles.

Dans un rapport de 2006, Handicap International a conclu que 98 pour cent des victimes appartenaient justement aux populations civiles. Ces armes ont un taux de ratés - elles n'explosent pas comme prévu - qui varie entre 1 et 20 pour cent. Des milliers de civils innocents sont touchés, sans oublier les problèmes de reconstruction rendus difficiles et coûteux sur un territoire contaminé. 40 pour cent des victimes sont des enfants qui prennent ces engins pour de petites balles. Comment justifier l'utilisation de ces armes auprès de notre population alors que les Conventions de Genève, signées au sortir d'une des guerres les plus meurtrières, exigent justement la protection des civils en cas de conflits armés?

Lors de la consultation, tous les cantons se sont prononcés pour la ratification de cette convention. Ils sont conscients qu'en cas de conflit, ce sont eux qui auraient à gérer les dégâts de ces armements barbares. Certains prétendent que les pays producteurs ne veulent vraisemblablement pas ratifier cet accord et qu'il ne servira en conséquence à rien. Ceci est faux. Il suffit pour s'en convaincre de regarder ce qui s'est passé avec les mines antipersonnel: malgré le fait que les principaux pays producteurs n'aient pas ratifié la Convention d'Ottawa, leur utilisation et leur production ont presque totalement cessé. La ratification de la Convention d'Oslo permettrait de satisfaire aux attentes de la communauté internationale envers la Suisse et sa tradition humanitaire. La Genève internationale en sortirait consolidée et permettrait la promotion du Centre international de déminage humanitaire de Genève, qui est un acteur clé dans la mise en oeuvre de cette convention.

Quelle crédibilité aurait la Suisse, pays dépositaire des Conventions de Genève - je le rappelle -, siège de la Croix-Rouge créée à Genève en 1863, si nous refusons cette ratification? Aux yeux du groupe vert'libéral, ce serait une honte pour notre pays.

Nous sommes fiers d'être Suisses, fiers de notre tradition humanitaire et nous vous demandons d'entrer en matière.