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Recordon Luc · Ständerat · 2012-02-29

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-02-29

Wortprotokoll

Nous avons déjà eu l'occasion de discuter de manière assez approfondie il n'y a pas très longtemps, lors de la précédente législature, de nos rapports avec l'italianité dans son ensemble, c'est-à-dire tout aussi bien - pour reprendre les termes de Monsieur Lombardi - la composante italophone de notre pays, qui est importante, et ce grand voisin qu'est l'Italie. Nous avons déjà constaté - c'était à propos d'une intervention de Monsieur Ignazio Cassis - que, en tout cas sous l'angle international, nous avons un problème assez récurrent du côté de l'Italie. En effet, de nos voisins, c'est le seul qui, actuellement, ne bénéficie que peu d'une connaissance intime au sein non pas seulement du Parlement, mais du gouvernement, par une présence continuée d'une personne italophone, alors que, évidemment, l'Allemagne, l'Autriche, la France, nos autres voisins, d'une certaine façon, sont très profondément connus. C'est évidemment dommage. Je crois que de ce point de vue, notamment, une réflexion s'impose sur la composition du gouvernement.

On peut bien dire que de temps en temps il y a un représentant de la Suisse italienne, mais il est vrai que depuis le départ du conseiller fédéral Flavio Cotti, il y a maintenant treize ans, nous ne connaissons plus de représentant de la Suisse italienne au Conseil fédéral. Et ce n'est pas faute d'ailleurs d'avoir eu des possibilités d'y nommer des personnalités éminentes, comme notre ancien collègue sénateur Dick Marty. On a malheureusement manqué cette occasion remarquable. Alors, évidemment, j'ai tendance à dire: faire confiance à la sagesse du Parlement, c'est bien; se donner des garanties, c'est mieux.

Quelles garanties peut-on se donner? A vrai dire, je ne vois pas tellement d'autres solutions que de nommer un Conseil fédéral de neuf membres. Je sais que pour certains c'est un épouvantail, mais face à la difficulté également de répartir la tâche du Conseil fédéral, ce serait extrêmement bienvenu et, du point de vue des minorités linguistiques - si on veut les appeler comme dans la motion - ou des différentes composantes linguistiques - pour reprendre l'autre terme, peut-être plus souhaitable, en effet -, on ne changerait rien aux équilibres.

Il y aurait vraisemblablement dans ce cas-là un italophone, deux francophones et six germanophones, ce qui correspond pratiquement aux équilibres actuels. La dynamique du collège ne serait pas non plus fondamentalement différente. Je pense que la plupart des personnes ici présentes appartiennent ou ont appartenu à des équipes qui doivent diriger différentes choses. Qu'elles soient de sept ou neuf personnes, cela ne change pas fondamentalement l'efficacité des travaux. C'est un tout petit peu plus compliqué. Mais à l'aune des gains que l'on obtiendrait du point de vue de la linguistique et de la répartition de la charge du collège, ce serait indiscutablement une solution vers laquelle je crois que de toute façon on finira par tendre.