Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · 2008-03-05
Rennwald Jean-Claude · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2008-03-05
Wortprotokoll
Je vous demande de donner suite à l'initiative parlementaire Leutenegger Oberholzer.
Je crois que dans ce débat il est fondamental de rappeler, en premier lieu, que malgré l'article constitutionnel et malgré la loi sur l'égalité, la différence salariale entre hommes et femmes est encore d'environ 20 pour cent dans ce pays. Certes, une partie de cette différence tient à des données objectives, mais pour l'essentiel elle repose sur une pure discrimination sexiste. Je crois que cette situation est intenable à plus d'un titre. En premier lieu, elle est inadmissible d'un point de vue social et juridique; deuxièmement, cette situation incite les femmes à moins s'engager dans la vie professionnelle et, cela m'amène évidemment à ma troisième considération: cela va à l'encontre de la politique de croissance économique tant réclamée par la droite de ce Parlement.
Enfin, cette discrimination aussi profonde dilapide les investissements qui sont consacrés à la formation des femmes. Face à cette situation, il est difficile, voire impossible pour les femmes de se battre individuellement, notamment parce que dans ce pays, la protection contre les licenciements n'est pas du tout suffisante. Je pense que les inspecteurs que Madame Leutenegger Oberholzer demande s'inscrivent parfaitement dans la systématique et dans la logique de notre droit du travail.
En effet, on connaissait déjà les inspecteurs chargés de veiller au respect de la loi sur le travail et, depuis quelque temps, on connaît aussi les inspecteurs chargés de lutter contre le dumping salarial. Mais force est d'admettre que ces deux types d'inspecteurs ne peuvent pas encore prendre en charge la thématique de l'égalité des salaires qu'évoque Madame Leutenegger Oberholzer dans son initiative parlementaire. C'est la raison pour laquelle je vous demande de donner suite à son projet.
J'aimerais encore souligner un fait qui me paraît important, c'est que Madame Leutenegger Oberholzer a eu la sagesse dans son texte d'associer les partenaires sociaux à son [PAGE 95] dispositif lorsque le secteur ou la branche est régi par une convention collective de travail. Le cas échéant, les contrôles pourront être exercés en collaboration avec des commissions paritaires, ce qui est pour moi un modèle de partenariat social.