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Marra Ada · Nationalrat · 2012-03-14

Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-03-14

Wortprotokoll

Monsieur Blocher, je regrette que vous n'ayez pas déclaré vos intérêts. Vous avez parlé de conflit d'intérêts: combien d'argent avez-vous perdu ou gagné avec les actions de la BNS quand elle a racheté des euros? Cela, vous ne le dites pas, parce qu'au fond vous vous attaquez à la BNS par intérêt personnel et non par intérêt du bien commun. Je fais partie des gens qui estiment que les questions soulevées l'étaient à juste titre, même si les manoeuvres et la façon étaient à vomir. C'est pour cela que les politiques étaient empruntés, parce qu'il était difficile de se positionner entre la peste et le choléra.

Sous le titre pompeux de "Restauration de la crédibilité de la BNS", je pense qu'il faut relever deux thèmes et s'en occuper, car pendant que nous tergiversons et commentons toute cette affaire, il y a des personnes qui ont peur pour leur place de travail. C'est à eux que le groupe socialiste pense en menant ce débat urgent.

D'abord l'indépendance de la BNS. Que signifie ce concept? Jusqu'à peu, cela signifiait que la politique monétaire, instrument pourtant essentiel de la politique économique d'un pays, était entre les mains des trois membres du Directoire de la BNS. L'Assemblée fédérale prend acte annuellement non pas tant d'ailleurs de sa politique monétaire, mais du fait qu'elle agit dans la légalité. Or, pouvoir discuter de la politique monétaire au sein des milieux politiques me semble être une option qui ne doit pas être rejetée de façon aussi catégorique qu'on le fait dans les milieux de la droite. Cette politique touche à des domaines que nous traitons normalement dans cet hémicycle: le marché du travail, la politique économique, le chômage. Avoir un débat transparent là-dessus éviterait que certains acteurs politiques n'utilisent les scandales et les manoeuvres dilatoires pour contester la politique monétaire menée par tel ou tel directeur qui ne leur conviendrait pas. Nous aurions certainement évité une crise dans le cas présent.

Alors parlons-en, de la politique monétaire et du franc fort. Le groupe socialiste regrette que la banque n'ait pas saisi l'occasion de décembre pour remonter le taux plancher à 1,30 franc. En effet, en Suisse nous nous trouvons toujours, et ce malgré le passage de l'examen de la Grèce devant l'Union européenne, comme si tous nos salaires et nos prix avaient augmenté de 20 pour cent par rapport à nos voisins européens. On a vu que le relèvement du taux plancher à 1,20 franc a permis de limiter la casse. Attendre pour relever ce taux plancher est incompréhensible - la crise n'est pas loin, nos entreprises exportatrices ne se sont pas encore tirées d'affaire, le danger pour nos travailleurs n'est de loin pas éloigné. Demandez à ceux qui se sont vus licenciés l'année dernière suite à la situation économique.

S'il ne faut retenir qu'une chose du débat d'aujourd'hui, et pour revenir à son titre, la politique monétaire de la BNS a été crédible jusqu'à présent par rapport à sa lutte contre le franc fort. Elle continuera à l'être si la BNS continue cette lutte par un nouveau taux plancher.