Berberat Didier · Ständerat · 2013-09-25
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-09-25
Wortprotokoll
Je remercie tout d'abord le Conseil fédéral de sa réponse, qui ne me satisfait que partiellement. Dans ce domaine, je ne peux pas m'empêcher parfois de penser que l'on se situe un peu dans une logique de sacrifices rituels - comme dans d'autres domaines d'ailleurs - puisque ce genre de question revient régulièrement en discussion. A l'évidence, il ne me semble pas tabou de chercher à optimiser les ressources. Toutefois, si l'on tend à réduire les dépenses, aussi dans les transports publics, il ne faut pas dans un autre domaine, celui de la fiscalité par exemple, réduire aussi les recettes - ce qui est problématique lorsqu'on cherche à équilibrer un budget.
Je prends acte avec satisfaction du fait que l'exécutif fédéral ne se contente pas, dans sa réponse, de prendre uniquement en compte les aspects financiers, mais qu'il indique aussi qu'il examinera les questions liées à la desserte régionale et fera en sorte de tenir compte des intérêts de la politique d'aménagement du territoire, sans ignorer les besoins régionaux. Je crois que c'est satisfaisant, dans la mesure où certains pouvaient craindre, d'une certaine manière, que seuls des intérêts financiers étaient en jeu; le Conseil fédéral nous rassure quelque peu sur cette question.
Je pense aussi qu'il est bienvenu que le Conseil fédéral rappelle que l'effet du réseau des transports publics en général, et du rail en particulier, est important dans la mesure où les petites lignes permettent d'"irriguer" les plus grandes. En ce qui me concerne, je ne suis pas fermé à l'idée qu'on puisse parfois remplacer des lignes ferroviaires par un service de bus, par exemple lorsque les gares sont très mal situées par rapport aux localités - dans ce cas, cela peut être un plus. Mais, comme des exemples étrangers le montrent, la suppression de lignes ferroviaires secondaires n'est pas suffisante pour corriger de façon significative les coûts du système.
Il est important d'être extrêmement attentif à ces questions-là parce que vous le savez, Madame la conseillère fédérale, l'inquiétude est grande dans le canton que je représente et dans d'autres où certaines lignes sont menacées.
Je suis donc en tout cas satisfait de la réponse dans la mesure où l'on voit qu'il y aura un examen tout à fait attentif de la question et que, je le répète, les effets financiers ne seront pas les seuls à être pris en compte, mais qu'il y aura aussi les effets sur l'aménagement du territoire, la desserte régionale, la vie en quelque sorte dans certaines régions périphériques qui, en fin de compte, ont besoin d'une liaison ferroviaire.
Je me permettrai quand même d'attirer l'attention du Conseil fédéral sur sa réponse, notamment sur une ligne qui m'est chère, la ligne menant de Morteau - qui se trouve dans le département du Doubs en France - au Locle et à La Chaux-de-Fonds. Cette ligne est menacée, ou en tout cas en examen, et je signale au Conseil fédéral qu'il est extrêmement important d'être très attentif à cette question dans la mesure où cette ligne a été réhabilitée il y a peu de temps pour permettre un transfert de la route au rail notamment des nombreux frontaliers qui utilisent actuellement leur voiture, ce qui cause des problèmes de goulets d'étranglement, notamment dans les villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds. Cette ligne a du succès, de plus en plus de gens l'utilisent. Il serait donc très dommageable qu'on remplace cette ligne ferroviaire renaissante par une ligne de bus.
Pour le reste, je fais confiance au Conseil fédéral quant au fait qu'il examinera de façon tout à fait attentive ces questions-là puisque chaque disparition d'une ligne ferroviaire est quasiment irréversible. Il faut donc être très prudent avant de supprimer ces lignes et de les remplacer par des lignes de bus.