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Germanier Jean-René · Nationalrat · 2012-09-19

Germanier Jean-René · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2012-09-19

Wortprotokoll

Le groupe libéral-radical soutient le projet du Conseil fédéral. Ce projet apporte à notre agriculture les réformes nécessaires, notamment dans les paiements directs, qui permettront à ce secteur de notre économie de poursuivre sa préparation pour faire face aux défis du futur.

Nous approuvons les quatre axes de la stratégie à long terme du Conseil fédéral, qui veut favoriser une production et un approvisionnement sûrs et compétitifs, entretenir l'espace rural par une activité agricole reconnue et soutenue par les paiements directs, maintenir le niveau très élevé d'utilisation des ressources et inciter l'orientation de la production vers le marché et les consommateurs, ce qui nécessite une attitude d'entrepreneur innovante dans toute la filière alimentaire.

L'équilibre entre les exigences environnementales dans notre pays et le maintien d'un niveau de compétitivité de notre agriculture avec ses concurrents des pays voisins est souvent très difficile à atteindre. Ainsi notre groupe rejette les minorités de ce projet qui, en matière environnementale, ont pour conséquence un renchérissement des coûts de production par des exigences bien supérieures à celles de nos concurrents dans les pays voisins. Il s'agit de ne pas diminuer la compétitivité de notre agriculture par une surréglementation. Nous pensons que le projet du Conseil fédéral est équilibré et qu'il n'y a pas lieu de rajouter quoi que ce soit.

Nous soutenons l'entrée en matière et nous adhérons au projet du Conseil fédéral qui est équilibré pour notre agriculture en fonction des objectifs constitutionnels.

La politique agricole ne peut pas être figée ou isolationniste. Elle doit prendre en compte la réalité des situations de notre pays, situé au coeur de l'Europe, en fonction des marchés des pays voisins. Le développement du tourisme d'achat, qui représente plus de 3 milliards de francs seulement pour l'alimentation, est une réalité qui démontre la nécessité d'orienter notre production le plus possible vers la création de valeurs ajoutées, seule manière pour notre pays d'être compétitif à terme. Ce phénomène de consommation à travers la frontière fait perdre d'importantes parts de marché à notre production indigène; si ce processus s'amplifie ou se répète, ce sera très néfaste pour notre niveau de production agricole.

Le groupe libéral-radical est favorable à ce que des ouvertures de marchés sectoriels puissent être analysées, comme la CER-CN le demande pour le lait et la viande, au moyen des deux motions 12.3665 et 12.3666 qu'elle a déposées. Ces ouvertures doivent être accompagnées de moyens financiers conséquents; ils sont à disposition dans la réserve au bilan prévue à cet effet. Il ne s'agit en effet pas d'ouvrir des marchés sans en discuter avec l'interprofession, mais bien de chercher les meilleures opportunités et les meilleurs équilibres. La gestion de l'offre dans le secteur laitier et les mesures de soutien sont affaiblis par un marché scindé, dont la partie concernant le fromage est libéralisée et celle concernant le lait de consommation est protégée.

Ainsi, nous rejetons la proposition de la minorité Rösti de renvoyer le projet au Conseil fédéral, qui prévoit une plus grande force obligatoire pour l'adaptation de l'offre et de la demande. Cette gestion est essentielle pour le secteur, mais elle doit être gérée par l'interprofession reconnue, comme cela est prévu, à l'article 37 alinéa 1 du projet du Conseil fédéral. Cette proposition de renvoi évoque également les principes de l'autoapprovisionnement et de la souveraineté alimentaire.

A l'article 2 alinéa 4, nous soutenons la majorité en ce qui concerne la souveraineté alimentaire. En effet, cette disposition sur la souveraineté alimentaire prend en compte les besoins des consommateurs en produits du pays diversifiés, durables et de haute qualité. Une souveraineté alimentaire basée uniquement sur une production de calories sans valeur ajoutée n'a pas vraiment de sens pour notre agriculture à moyen ou à long terme.

Nous voulons éviter d'inciter à produire en masse et de façon excédentaire, ce qui n'apporte pas de plus-value au producteur. La souveraineté alimentaire ne doit pas faire office de politique protectionniste; elle doit, pour notre pays, être définie, et elle permet aussi à notre pays de définir sa politique agricole de manière autonome.

Au nom du groupe libéral-radical, je vous demande donc d'entrer en matière sur ce projet et de rejeter la proposition de renvoi de la minorité. Dans la discussion par article, comme nous pensons que le résultat des travaux de la commission est bon, nous soutiendrons la majorité dans les grandes lignes et à peu d'exceptions près.