Derder Fathi · Nationalrat · 2013-03-07
Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2013-03-07
Wortprotokoll
Ceci - on a eu l'occasion de le dire depuis quelques instants - n'est pas un débat sur une augmentation de 60 millions de francs pour les écoles polytechniques fédérales. Le débat que nous menons ici est tout d'abord un débat de principe, une question de respect des décisions que nous avons prises. Ici même, il y a quelques mois, nous avons décidé d'augmenter le plafond de dépenses alloué aux écoles polytechniques pour répondre à la hausse du nombre d'étudiants, et uniquement en fonction de ce critère-là, afin de maintenir la qualité de la place scientifique suisse, à savoir - je le rappelle malgré tout - notre matière première.
Quelques semaines plus tard, le Conseil fédéral et la minorité de la commission nous demandent donc de revenir sur des décisions déjà prises. En ordonnant aujourd'hui aux écoles polytechniques fédérales de prendre l'argent où elles l'ont, nous leur dirions en gros: "Débrouillez-vous, faites avec ce que vous avez. On vous avait promis 60 millions de francs, on vous les retire." C'est simplement ça, le message qu'on leur passe. Aux meilleures écoles de notre pays, celles qui font aujourd'hui notre prospérité, le message politique serait, en clair: "Vous qui réussissez, aujourd'hui nous vous punissons", et par la même occasion nous nous punissons!
Je l'ai dit, on ne peut pas revenir sur les engagements pris ici même. Mais il y a plus important encore. On parle ici d'un sujet essentiel. De quoi parle-t-on? De l'avenir énergétique. Quelles sources d'approvisionnement énergétique allons-nous demain assurer à nos enfants? La Suisse peut-elle avoir un rôle à jouer dans ce domaine? Ce sont là deux questions clés, dont la réponse est: oui, la Suisse en a les moyens. Nous sommes une puissance scientifique grâce entre autres aux écoles polytechniques fédérales. La Suisse doit se donner les moyens de rester leader en matière de recherche énergétique afin de garantir un avenir durable.
On l'a entendu, il y a deux oppositions. A l'opposition de droite qui, pour des questions de rigueur budgétaire, ne veut pas accorder ces 60 millions de francs, je répondrai simplement que la force du pays est en jeu, sa prospérité: on doit, pour notre avenir, nous donner les moyens, aujourd'hui, de nos ambitions. Face à l'opposition de gauche, je suis un petit peu plus embarrassé, car je ne sais pas vraiment quoi dire, parce que je ne comprends plus. Très honnêtement, je ne comprends pas ce que mes collègues, en l'occurrence minoritaires, Messieurs Reynard et Steiert, combattent quand ils combattent le soutien aux écoles polytechniques fédérales pour une raison qui n'a strictement rien à voir avec le sujet du jour. Ils refusent les 60 millions de francs, vous l'avez compris, on l'a dit, parce qu'ils ne partagent pas le projet de hausse des taxes d'études aux EPF. Outre le fait qu'on est totalement hors sujet, ce marchandage n'est absolument pas acceptable. Ce que nous avons vécu ces derniers jours est très inquiétant. Aujourd'hui, qu'un parti politique conditionne l'octroi d'un budget d'une haute école à un aspect de gestion interne de l'école, ceci est simplement un dérapage. Des élus socialistes viennent ainsi de piétiner gravement l'autonomie des EPF: on piétine l'autonomie d'une institution brillante, qui fait la force de la Suisse, au nom de dogmes et de petits calculs politiques.
Une augmentation du budget d'une haute école ne doit pas être conditionnée à des négociations politiques et le mélange de sujets, aujourd'hui, est totalement déplacé. Quand on parle de taxes, on parle de taxes; quand on parle recherche énergétique, s'il vous plaît, parlons recherche énergétique! La confusion générée par le groupe socialiste dans ce débat ne peut que nuire, à terme, à la qualité de nos hautes écoles, et j'espère qu'elles ne seront jamais contaminées et touchées par ces petits calculs.
Cela dit, si j'ai bien écouté, j'ai cru comprendre que les ardeurs de la gauche se sont calmées et je m'en réjouis, puisque j'ai cosigné hier même une très intéressante motion Nordmann qui devrait permettre de tripler les taxes pour les étudiants étrangers. Je suis très heureux, sincèrement heureux, de voir que le groupe socialiste aujourd'hui accepte clairement l'idée d'augmenter les taxes, voire carrément de les tripler. C'est une évolution, voire même une révolution historique et forte symboliquement, que je salue, mes chers camarades socialistes.
Les études universitaires ont un coût: eh bien, il est normal que les étudiants y contribuent. Le groupe socialiste l'a enfin compris, tant mieux! Mais bon, revenons à nos moutons et au sujet du jour: la recherche énergétique est un sujet essentiel pour la planète, dans lequel la Suisse peut jouer un rôle de leader grâce à ses hautes écoles et à ses chercheurs.
Au nom du groupe libéral-radical, je vous demande de donner les moyens à la Suisse de tenir cette place et de soutenir la majorité de la commission.