Savary Géraldine · Ständerat · 2013-03-13
Savary Géraldine · Ständerat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-03-13
Wortprotokoll
Je souhaite aller dans le sens des propos de mes collègues qui se sont exprimés jusqu'à maintenant et vous inviter à soutenir la proposition de la minorité Föhn.
D'abord, le secteur de la production céréalière se retrouve dans une situation de crise, dans une situation difficile que les producteurs doivent actuellement traverser. Cela a été rappelé, la surface de culture des céréales en Suisse a chuté de 40 pour cent en vingt ans, alors que la part des céréales concentrées dans la ration de fourrage pour les animaux est restée stable à environ 20 pour cent. Le résultat des courses aujourd'hui est que le taux d'autoapprovisionnement n'atteint plus que 50 pour cent environ, voire moins, et que notre dépendance vis-à-vis de l'étranger augmente. Est-ce vraiment ce que nous voulons? Voulons-nous augmenter les importations de céréales fourragères de l'étranger, de pays qui se précipitent ensuite dans un système de monoculture et qui détruisent leur propre biodiversité? Voulons-nous aussi augmenter le risque d'importer des céréales concentrées de moins bonne qualité pour nourrir notre bétail? Ce serait un non-sens, tant du point de vue agricole que du point de vue écologique.
De plus, les buts de la Politique agricole 2014-2017 que nous soutenons ici sont de favoriser la production agricole. Avec une production de céréales indigène en constante diminution, ce but ne sera pas atteint pour une grande partie de la production animale dépendant de fourrages concentrés. Je pense en particulier aux porcs, aux volailles et aux bovins qui dépendent de cette production céréalière.
Et puis, cela a été dit, le projet Swissness est en bonne voie et nous y avons activement travaillé ici au Conseil des Etats pour trouver une solution qui puisse réunir une majorité de voix favorables. Et, au fond, au vu de la situation critique en matière de production céréalière, cet effort de transparence et de "suissitude" s'est atténué, voire affaibli, par notre dépendance vis-à-vis de l'étranger.
Certaines et certains me diront qu'il serait dangereux de mettre en concurrence les autres grandes cultures ou d'autres branches de production, en particulier le sucre - je dis cela, parce que dans mon canton, on y est évidemment aussi attaché. Alors, l'une des solutions de financement possible serait de puiser dans la contribution transitoire, dont le but est de compenser la diminution du revenu à la suite de l'application de cette Politique agricole 2014-2017. Ce n'est pas impossible; des solutions sont imaginables.
Je vous invite donc à faire en sorte que la production céréalière en Suisse reste vivante et, de ce point de vue, je vous invite à adopter la minorité Föhn.