Lexipedia

Poggia Mauro · Nationalrat · 2013-03-06

Poggia Mauro · Nationalrat · Genf · Fraktionslos · 2013-03-06

Wortprotokoll

Tant l'initiative populaire "Oui à la médecine de famille" que la motion du Conseil des Etats ont pour cible une problématique qui mérite notre soutien et notre attention, contrairement à ce que vous a exprimé mon préopinant.

D'autres l'ont dit et le diront encore, une maîtrise des coûts de la santé, de même qu'une offre de soins suffisante pour la population, ne passeront que par le soutien et l'encouragement des médecins de famille, auxquels il faut ajouter les médecins de premier recours, tels les pédiatres et les gynécologues.

J'entends pour ma part insister sur un point important mis en avant dans le nouvel article 118b proposé par l'initiative populaire, et qui ne se retrouve curieusement pas dans la motion. Je cite: la Confédération et les cantons "oeuvrent à l'établissement d'une répartition équilibrée des médecins de famille entre les régions". Cette meilleure répartition de l'offre de soins médicaux, qui se concentre actuellement dans les agglomérations, doit être désormais au centre des préoccupations en matière de politique de santé. Alors que certaines régions rurales manquent cruellement de médecins, et notamment de généralistes, certains cantons urbains sont submergés de demandes de droit de pratique. Nous savons que dans le secteur spécifique sur bien des points qu'est celui de la santé, l'offre suscite en partie la demande, alors qu'inversement cette demande est supérieure à l'offre dans certaines régions.

La clause du besoin, que notre conseil vient d'adopter, n'est pas une solution à moyen terme, ne serait-ce qu'en raison du signal négatif qu'elle donne à la relève médicale. Nous avons cependant considéré majoritairement qu'il s'agissait du seul moyen efficace à court terme pour lutter contre une installation massive et surtout non coordonnée de nouveaux médecins.

A Genève, canton frontalier par excellence, sur les nouvelles demandes depuis le début de cette année, 46 pour cent émanent de médecins étrangers en provenance de l'Union européenne, majoritairement de France. Cette pléthore médicale contribue à faire le lit des partisans - assureurs-maladie en tête - d'une suppression de l'obligation de contracter. Et au nom d'un libéralisme non réglementé, c'est la mort de cette profession libérale qu'est la pratique de la médecine que l'on précipite. Bientôt on dira à nos jeunes médecins: "Vous pouvez vous installer où bon vous semble, mais vos prestations ne seront pas à la charge de l'assurance-maladie sociale." Qui seront les gagnants? Les assureurs privés sans doute, mais ni les patients, ni les médecins. Il est donc urgent d'embrasser la problématique d'une meilleure répartition territoriale des cabinets médicaux par des incitatifs, notamment fiscaux, afin que la médecine de famille ait encore un sens à l'avenir, faute de quoi elle sera remplacée par des prestations ambulatoires des hôpitaux publics, ce qui va à l'encontre du type même de relation thérapeutique que souhaitent promouvoir, à juste titre, aussi bien l'initiative populaire que la motion qui vous sont soumises, et que je vous encourage à soutenir.

Poggia Mauro · Nationalrat · 2013-03-06 | Lexipedia | Lexipedia