Burkhalter Didier · Bundesrat · 2012-06-04
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2012-06-04
Wortprotokoll
Je félicite les conseillères et conseillers nationaux les plus résistants de leur présence!
Les objectifs 2011 de la politique étrangère consistaient en toute une série de consolidations. Les résultats ont montré quelques progrès, la nécessité de faire encore beaucoup d'efforts ainsi que de fixer des priorités. C'est pourquoi, en effet, comme l'a dit le rapporteur Monsieur Hiltpold, nous avons décidé de renforcer l'aspect stratégique de la politique étrangère, de fixer une nouvelle stratégie de politique étrangère au Conseil fédéral. Nous avons d'abord eu un cadre fixe de fondamentaux et puis des priorités qui s'inscrivent, elles, dans un contexte international très mouvant, et rapidement mouvant. Le cadre fixe, on l'a dit, est un objectif principal qui consiste en la défense de nos intérêts et en la promotion de nos valeurs. On en a parlé dans le cadre du précédent débat et je n'y reviens pas.
En ce qui concerne les principes, il y a des principes intangibles, comme celui de l'Etat de droit, celui de l'universalité et celui de la neutralité, mais il y a aussi, en plus, souhaités par le Conseil fédéral, les principes de solidarité et de responsabilité face aux défis globaux. On peut penser à tout ce que la Suisse peut amener par solidarité et responsabilité dans la recherche, par exemple, dans la coopération internationale bien évidemment, puisque c'était le sujet du jour et de demain également d'ailleurs, et puis dans les enjeux des matières premières, pour prendre quelques exemples. Le contexte international est en effet très mouvant. C'est un contexte où il y a des crises dangereuses et des espoirs énormes.
En ce qui concerne les crises, on peut citer la Syrie qui devient un territoire de crimes contre l'humanité avec un danger de contagion très important, qui a déjà commencé du côté du Liban, et puis devant une Communauté internationale en difficulté avec un conseil de sécurité qui est bloqué malgré les efforts actuels, et les nôtres également, pour relativiser le droit de veto dans des cas de ce type. En ce qui concerne les espoirs énormes, on peut donner comme exemple le Myanmar, le pays naguère le plus prospère d'Asie du Sud-Est - il y a une bonne cinquantaine d'années - qui est devenu l'un des pays les plus pauvres, qui a vécu un long cauchemar et puis qui se réveille maintenant avec un potentiel énorme. Cela pourrait être l'exemple de ce que la communauté internationale peut réussir de mieux en termes de démocratie, de droits de l'homme, d'économie, c'est-à-dire une amélioration rapide dans le cadre de ce monde mouvant qui peut aboutir au pire comme au meilleur.
Le rôle de la Suisse est d'agir vite, de manière aussi juste que possible. Le Conseil fédéral vient de décider d'ouvrir cet été déjà une ambassade, avec tous les aspects de l'intervention, afin également d'accentuer son rôle dans la région. Dans ce contexte mouvant, Monsieur le conseiller national Hiltpold a mentionné les quatre axes prioritaires que nous avons fixés. Il y aussi une tâche centrale qui est de soutenir les ressortissants suisses qui vivent et voyagent à l'étranger. Je souhaite simplement rappeler qu'il y a par année plus de seize millions de voyages de Suisses à l'étranger, plus de 100 pour cent d'augmentation des cas de protection consulaire en quatre ans. Il y a de tout en la matière, mais en particulier quelque chose de très inquiétant: l'industrie des enlèvements. Dans ce domaine-là, il faut faire preuve de solidarité pour trouver une solution, mais aussi de responsabilité - notamment individuelle - et tenir compte des recommandations du département. J'aimerais ajouter que la libération récente d'une personne suisse qui avait été enlevée au Mali est largement due à l'engagement durable de la Suisse dans la coopération internationale et la promotion de la paix dans cette région. C'est en quelque sorte un avantage collatéral de la coopération et de l'engagement de la Suisse.
Les axes prioritaires ont été cités. J'aimerais simplement rappeler que notre premier axe prioritaire, ce sont nos pays voisins. C'est fondamental pour consolider les positions internationales de la Suisse. Il y a des débuts de progrès dans certains dossiers comme celui de l'aéroport de Bâle-Mulhouse, les accords fiscaux avec l'Autriche, l'Allemagne et la Grande-Bretagne - pays considéré comme voisin dans un sens quelque peu large -, et également l'annonce de l'ouverture d'un dialogue fiscal avec l'Italie le 9 mai dernier.
Le deuxième axe prioritaire concerne l'Union européenne avec l'aménagement de relations permettant de sauvegarder notre marge de manoeuvre politique et économique, ce qui veut dire concrètement rénover la voie bilatérale. Nous avons décidé d'utiliser une méthode proactive avec des propositions concrètes. Les quatre propositions sont:
1. le dialogue institutionnel avec les cantons, qui fonctionne et dont le règlement sera signé demain matin;
2. la feuille de route, qui a été lancée en février et qui est en suspens en attendant la résolution des problèmes institutionnels;
3. le cadre du dialogue politique avec les présidents de la Commission et du Conseil de l'Union européenne qui a commencé et que nous souhaitons poursuivre;
4. la proposition suisse pour les questions institutionnelles; l'audition se termine ces jours-ci. La décision précise du Conseil fédéral est prévue en principe ce mois. En une phrase, le Conseil fédéral cherche autant que possible à unir la Suisse pour mieux négocier en sa faveur.
Le troisième axe prioritaire est l'engagement pour la stabilité en Europe, dans les régions proches de l'Europe et également dans les régions fragiles du monde. Je ne reviens pas sur les détails, sinon pour confirmer les propos de votre rapporteur de commission concernant l'importance des partenariats migratoires. Nous en avons une série et ils fonctionnent bien, comme avec la Serbie, la Bosnie, le Kosovo. Avec le Nigéria, c'est parfois un peu plus difficile, mais cela permet au moins de pouvoir exécuter des renvois qui ne pourraient pas être effectués sans la coopération du pays partenaire. Prochainement, nous aurons en principe la signature du partenariat avec la Tunisie. Nous souhaitons pouvoir aller de l'avant également avec ce pays dans le cadre de ces partenariats migratoires qui sont la meilleure réponse à la problématique générale que nous devons résoudre avec les autres pays et pas tout seuls dans notre coin. [PAGE 904]
Le quatrième axe prioritaire, le dernier, c'est le renforcement des partenariats stratégiques de la gouvernance globale. Le rapporteur de votre commission a parlé de la future présidence de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe que la Suisse présidera en 2014. Il a raison de mentionner cet aspect qui est important pour notre pays. Il y a aussi l'entrée dans quelques mois dans le forum Asie-Europe. Elle devrait être confirmée définitivement en novembre 2012 en Asie. Il y a également l'engagement dans le cadre de l'amélioration de la gouvernance mondiale à l'ONU, malgré les difficultés à faire bouger cette grande machine, mais aussi la candidature de Genève - je le mentionne devant vous - pour accueillir le secrétariat permanent du Fonds vert pour le climat. La décision sera prise fin 2012 et, avec une décision positive, la Genève internationale pourrait se voir renforcée dans un de ses secteurs forts: la politique du climat et de l'environnement.
Finalement, nous tenons aussi à remercier les parlementaires pour leur engagement dans les thèmes et les contacts internationaux. C'est aussi la raison pour laquelle nous avons impliqué les Commissions de politique extérieure et les Commissions de gestion dans les questions liées à cette nouvelle stratégie.