Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2012-06-04
Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2012-06-04
Wortprotokoll
L'aide au développement constitue une part importante de nos relations internationales et il est nécessaire de la maintenir. La Suisse doit apporter sa contribution à cette aide tout en l'augmentant mais, je dirai, dans une mesure raisonnable. La proposition du Conseil fédéral va au-delà de ce raisonnable alors que dans le plan financier 2013-2015 présenté à la Commission des finances, selon les exigences du frein à l'endettement, le plafond de nos dépenses peut augmenter en moyenne de 2,6 pour cent par année. Avec cette proposition de crédit-cadre, l'augmentation moyenne est de 7,8 pour cent par année. C'est une augmentation trois fois plus élevée que le raisonnable et le possible. Vous me direz que c'est la conséquence de la décision de passer le montant de cette aide à 0,5 pour cent de notre PIB d'ici 2015. Mais je vous rappelle que lors de cette décision d'une part la situation financière prévisible de notre pays n'était pas aussi incertaine qu'actuellement, et d'autre part le cours de l'euro était proche de 1,35 franc.
Le groupe UDC, par sa proposition défendue par notre collègue Amstutz, vous demande d'accorder un crédit-cadre global de 9,6 milliards de francs au lieu des 11,350 milliards demandés. C'est une proposition raisonnable, car avec plus de 2,8 milliards de francs par année consacrés à l'aide au développement, notre pays n'a pas à rougir. En plus, ce sont des francs forts qui augmentent encore proportionnellement notre aide en comparaison des différentes monnaies étrangères. Dans les années à venir, si on suit le Conseil fédéral, des économies devront être faites dans d'autres secteurs comme celui de la formation. Là, ce serait dommageable, car c'est la planche de salut pour nous permettre de conserver notre compétitivité au niveau international. Ou alors il y aura des économies à faire dans l'agriculture qui est l'enfant sage avec son futur crédit-cadre puisqu'il n'augmente pas par rapport aux années précédentes. Ce serait un peu fort que l'on doive couper dans ce secteur pour respecter le frein à l'endettement alors que dans le domaine qui nous occupe aujourd'hui notre générosité serait débordante.
Gouverner, c'est prévoir - l'équilibre de nos finances en dépend. La proposition de notre groupe suit la logique du plan financier 2013-2015, avec une augmentation de près de 3 pour cent par année, déjà supérieure à la moyenne prévue par le Conseil fédéral dans son programme de législature.
Je vous demande donc de suivre la proposition de notre groupe qui vous a été transmise et d'accorder un crédit-cadre de 9,6 milliards de francs pour les années 2013-2015 au lieu des 11,350 milliards de francs proposés. Cette proposition nous permettra d'élaborer les budgets futurs avec plus de sérénité, car je vous rappelle que si l'on ajoute aux dépenses de santé sociale d'environ 32 pour cent du budget les différents crédits-cadre que nous avons votés - coopération internationale, agriculture, etc. - environ 50 pour cent de nos dépenses seront liées pour la prochaine législature et le début de la suivante.
Je vous demande donc d'adopter la proposition de réduction de ce crédit-cadre.