Recordon Luc · Ständerat · 2012-06-07
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2012-06-07
Wortprotokoll
La peur est mauvaise conseillère, surtout lorsqu'il est question de réfléchir, et de réfléchir à une question assez subtile. Sans entrer dans un débat complètement dogmatique sur les bienfaits du keynésianisme ou des politiques d'austérité, on doit quand même remarquer que les solutions les plus tranchées ne sont souvent pas les bonnes. Certes, les pays qui ne prennent aucune mesure pour contenir les déficits publics et, de manière générale, l'augmentation des prélèvements obligatoires, s'en portent mal, c'est certain. Mais les pays qui exagèrent dans la voie inverse se portent très mal aussi. Il n'est que de voir, par exemple, la manière dont même la directrice du FMI, Madame Lagarde, peu susceptible d'être une grande keynésienne, s'inquiète des effets tout de même assez excessifs que, par exemple, la politique de la Lettonie, avec un remède de cheval pour réduire ses déficits budgétaires, induit. Si on regarde autour de nous, on se rend compte que, de plus en plus, les positions se rapprochent pour essayer de trouver un mélange subtil et adéquat entre des politiques de restriction budgétaire et des politiques qui n'étranglent pas l'économie.
Chez nous, on est pour l'instant dans une situation, il faut le reconnaître, beaucoup plus confortable, mais cela n'interdit pas de se poser la question quand même de quelque tempérament qui pourrait être apporté au système actuel. Puisque de toute façon le postulat Graber Jean-Pierre 10.4022 permettra une réflexion d'ensemble, on peut se dire que le postulat Fetz n'est pas absolument indispensable et que le Conseil fédéral est libre de faire une réflexion très large et de balayer tout le champ des possibles.
Malgré tout, pour en revenir au début de mon intervention, j'ai entendu beaucoup de choses qui me paraissent gouvernées par la peur, la peur que l'on change quoi que ce soit, comme si le frein à l'endettement était un instrument miracle. Ce n'est pas un instrument miracle. Il n'est même pas indispensable. Pour ne parler que de mon canton, il a connu un redressement absolument spectaculaire de ses finances sans frein à l'endettement, et même après l'avoir refusé explicitement en votation populaire en 1998. C'est actuellement un canton suisse qui se porte extrêmement bien économiquement pour différentes raisons. Il démontre en tout cas que l'on peut explorer d'autres voies et qu'il ne faut pas se crisper avec une pareille peur que celle que j'ai perçue dans certaines interventions.
Je vous remercie donc de bien vouloir accepter le postulat Fetz.