Favre Laurent · Nationalrat · 2014-03-05
Favre Laurent · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2014-03-05
Wortprotokoll
Pour la troisième fois au XXIe siècle, nous devons débattre d'un projet idéologique qui n'apporte pas de vraie solution. Notre système de santé fonctionne bien. Il est même souvent cité en exemple à travers le monde. Certes, il est encore perfectible, mais nous sommes en cours de traitement: pour exemple, le remboursement des primes payées en trop que l'on vient de traiter et la compensation des risques qui sera enfin améliorée lors de cette session et qui permettra de mettre fin à la chasse aux bons risques.
Les Suisses sont globalement satisfaits du système de santé. Le coût des primes représente toutefois un défi. A cet égard, dans son message quant à la caisse unique, le Conseil fédéral a averti que l'abandon de la concurrence limitant actuellement la hausse des coûts aboutirait à une hausse des primes. La caisse unique ne permet donc pas de baisser les primes, bien au contraire.
Chaque citoyen est libre de déterminer ce qui lui convient le mieux en matière de santé. Il choisit son médecin, son hôpital, son assureur-maladie, son modèle d'assurance et le montant de sa franchise. La caisse unique mettrait fin à ces libertés. Chaque assuré accède rapidement à des soins médicaux de qualité, indépendamment de ses revenus, de son âge et de son état de santé. La qualité et la solidarité sont des éléments importants du système actuel.
Notre système de santé est exempt de dettes. En comparaison, la France a accumulé des dettes s'élevant à près de 120 milliards de francs depuis l'an 2000, avec un système de caisse unique, un système étatique. Et ce n'est qu'un exemple!
La caisse unique conduit donc à un endettement ou à une augmentation des primes ou même des impôts.
Et par pitié, épargnons-nous la discussion sur les frais d'administration. La vérité est que sur 100 francs de prime, 95 francs sont déboursés pour des prestations médicales, 5 francs seulement pour des frais d'administration, y compris les frais publicitaires. Aucun système étatique comparable ne fonctionne avec des coûts administratifs aussi bas.
En matière de gestion des coûts, les cantons doivent cesser de remettre en question l'administration des caisses-maladie et prendre véritablement leurs responsabilités, puisque les structures hospitalières publiques, relevant de leur compétence, sont responsables pour moitié des coûts de la santé publique en Suisse. A ce niveau, les coûts continuent malheureusement à augmenter de manière exagérée.
Notre système de santé est l'un des meilleurs au monde, l'augmentation de l'espérance de vie le démontre mais représente aussi un défi économique.
Je vous invite à ne pas appliquer un remède de cheval à une LAMal qui vient d'atteindre sa majorité et dont les maladies de jeunesse sont soignées.
Merci dès lors de recommander au peuple et aux cantons de rejeter cette initiative, pour le bien de notre population.