Derder Fathi · Nationalrat · 2014-06-12
Derder Fathi · Nationalrat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2014-06-12
Wortprotokoll
L'objectif du postulat que je vous soumets est de donner un aperçu le plus complet possible du potentiel de la diplomatie scientifique suisse. Dans le texte que je dépose, je concentre ma réflexion en premier lieu sur le réseau Swissnex, mais il va de soi que l'enjeu est plus globalement la diplomatie scientifique suisse; un enjeu majeur pour un petit pays qui est - il faut bien l'admettre - politiquement un nain, mais qui est une véritable puissance scientifique.
Je remercie à ce titre le Conseil fédéral et l'administration pour sa réponse très complète à mon postulat. Le Conseil fédéral nous explique quel rôle joue le réseau Swissnex dans le cadre de la stratégie internationale FRI et répond [PAGE 1015] donc en partie au postulat. Je constate d'ailleurs au passage que nous partageons avec le Conseil fédéral 90 pour cent de l'analyse et notamment cette grande satisfaction face aux résultats et au rôle assumé aujourd'hui par le réseau Swissnex.
Un petit rappel, pour ceux qui ne le sauraient pas, les Swissnex sont des sortes d'ambassades de la science suisse, présentes aujourd'hui dans cinq pays: aux Etats-Unis à San Francisco et à Boston, à Singapour, en Chine à Shanghai, ainsi qu'en Inde à Bangalore et depuis peu au Brésil. Ce sont aujourd'hui de véritables relais à l'étranger de la puissance scientifique suisse. Leur structure est en plus assez originale, entre deux départements: une émanation du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation gérée conjointement avec le DFAE. Le modèle de financement est aussi particulier, basé sur un partenariat public-privé; autant dire qu'ils ne coûtent pas beaucoup d'argent à la Confédération. Les Swissnex sont au bénéfice d'un contrat de prestation avec la Confédération et doivent lever donc une partie considérable des fonds. Ils sont donc peu coûteux - je l'ai dit - pour les finances publiques.
Ils coûtent peu et ils rapportent beaucoup à la Suisse. Au vu de l'utilité de la structure et de son faible coût il paraît judicieux d'étendre notre réseau aux principaux pays partenaires - et concurrents au demeurant - spécialisés dans les sciences et les technologies. Je pense notamment en premier lieu à l'Asie - que ce soient des pays comme la Corée du Sud ou le Japon - voire, plus proche de nous, à Israël.
Dans sa réponse, le Conseil fédéral partage mon opinion selon laquelle la diplomatie scientifique revêt une importance considérable. Il s'agit d'un instrument servant d'une part les intérêts de notre place scientifique et permettant d'autre part de faciliter un dialogue plus large avec les pays partenaires de la Suisse. J'ajouterai que cet instrument sert également les intérêts de notre place économique, donc aussi diplomatique.
Le réseau Swissnex est donc présent dans la stratégie politique suisse. Il est au coeur du message FRI 2013-2016; il figure dans la stratégie de politique étrangère 2012-2015, qui mentionne les Swissnex comme faisant partie intégrante du réseau extérieur. Le Conseil fédéral ne considère donc pas nécessaire la rédaction d'un rapport spécifique sur cette question.
Je dois avouer que je ne suis que partiellement d'accord avec le Conseil fédéral. Je l'ai dit tout à l'heure, nous nous rejoignons à 90 pour cent, mais je pense que, vu l'importance de l'enjeu pour la Suisse, le sujet mérite une analyse approfondie. Le développement à long terme de la diplomatie scientifique suisse est crucial. Un rapport, ne serait-ce que pour esquisser une politique d'ensemble de notre stratégie en la matière, a toute sa place. Par exemple: quelle collaboration entre le DEFR et le DFAE? Ce genre de réflexion mérite d'être mise sur la table. L'enjeu est double: d'une part ouvrir des portes diplomatiques grâce à la puissance de notre place scientifique et économique; d'autre part soutenir et encadrer le développement à l'étranger d'entreprises innovantes suisses. Diplomatie scientifique et développement économique: deux enjeux majeurs pour la Suisse, qui méritent qu'on s'y arrête plus longuement.
C'est la raison pour laquelle je vous soumets ce postulat.