Levrat Christian · Nationalrat · 2011-09-20
Levrat Christian · Nationalrat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2011-09-20
Wortprotokoll
Un lien entre le franc et l'euro, un soutien aux entreprises d'exportation et du tourisme, une répercussion systématique des gains de change pour les consommateurs, ce sont les propositions faites en janvier de cette année par le Parti socialiste suisse qui mettait en garde contre les conséquences d'une crise du franc. Il mettait en garde sur les conséquences pour l'emploi, notamment dans l'industrie d'exportation et dans le tourisme. Durant huit mois, une majorité du monde politique a nié qu'il existait le moindre risque; pour vous, il n'y avait pas de crise du franc, il y avait une crise de l'euro. Cet été, la position officielle a un peu évolué: nous avions une crise, mais vous souteniez que nous ne pouvions rien faire. Il vous a fallu huit mois pour réaliser l'ampleur de la crise qui se dirige vers nous, huit mois pour arriver à la conclusion, comme nous l'avions demandé, qu'il fallait créer un lien formel entre l'euro et le franc. Les partis qui hier nous raillaient pour ces propositions se rangent aujourd'hui sous la bannière de la BNS. Il a fallu huit mois pour que le Conseil fédéral propose enfin quelques mesures de soutien.
C'est un premier pas, mais il faudrait aller plus loin, prévoir un deuxième puis un troisième paquet avec des mesures plus ciblées pour l'emploi. La question à laquelle nous devons répondre est assez simple: qui paie la crise? Ceux qui l'ont causée, les banques et les spéculateurs, ou les salariés de notre pays? Nous avons aujourd'hui l'occasion de donner un signe clair, un signe pour l'emploi et contre la spéculation, un signe pour les consommateurs et consommatrices et contre les profiteurs, un signe pour les salariés et contre les patrons voyous qui abusent de la libre circulation pour pratiquer un dumping salarial inadmissible.
Aujourd'hui nous attendons du Conseil fédéral, du monde politique qu'ils luttent avec plus de détermination contre les prix surfaits, qu'ils protègent les salariés en Suisse, qu'ils soutiennent les entreprises en difficulté et qu'ils ramènent à la raison les employeurs qui détournent la libre circulation de son objectif. Il n'y a plus de place, Monsieur le conseiller fédéral Schneider-Ammann, pour une communication plus ou moins erratique. Il n'y a plus de place pour la temporisation. Nous attendons des mesures: celles que vous présentez peuvent être une première étape, mais nous voulons rapidement, très rapidement, voir la deuxième et troisième étape que vous envisagez pour soutenir l'industrie d'exportation, pour soutenir l'emploi en Suisse, pour faire en sorte que la crise soit payée par ceux qui l'ont causée et non pas par ses victimes.