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Bernasconi Maria · Nationalrat · 2014-12-11

Bernasconi Maria · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2014-12-11

Wortprotokoll

Le rapport sur le projet Insieme a mis en lumière, une fois de plus, les difficultés du Conseil fédéral à piloter et à coordonner de grands projets, ainsi que le manque de capacités de gestion de certaines personnes ayant des responsabilités élevées au sein de la Confédération. Mais le rapport évoque également les difficultés des commissions de surveillance du Parlement à remplir correctement leur mandat en raison du manque de moyens mis à disposition.

Si le Conseil fédéral a depuis lors pris des mesures d'amélioration - soit dit en passant, cela n'excuse pas le manque de suivi des prescriptions légales -, notre réflexion doit aller plus loin. Et je déclare mes liens d'intérêts: je suis secrétaire générale de l'Association du personnel de la Confédération. Je parlerai donc de la politique du personnel d'abord. Il est absurde de voter des coupes dans les budgets du personnel et de se plaindre ensuite du fait que ce personnel n'arrive pas à faire face à une montagne de travail. Les réflexions en cours concernant l'internalisation des ressources humaines doivent être poursuivies. La politique consistant à laisser partir le savoir-faire sans le remplacer est un échec. Dès lors, soyez cohérents: si vous voulez que l'administration fédérale puisse continuer à répondre aux nouveaux défis et exigences - je pense notamment aux projets informatiques complexes - il faut lui en donner les moyens.

Parallèlement, il faut que le personnel puisse dénoncer des faits constatés contraires aux lois ou aux prescriptions. Il faut donc améliorer la protection des lanceurs d'alerte, des fameux "whistleblowers". [PAGE 2318]

Le deuxième aspect est la nécessaire réflexion sur nos institutions. Nous avons toujours refusé d'adapter nos institutions à l'évolution du temps. Si un gouvernement de sept ministres et un parlement de milice étaient adéquats il y a 150 ans, ils ne peuvent plus faire face aux exigences de la société, qui ont énormément évolué durant ce laps de temps. Comme l'a dit il y a peu de temps Monsieur Lustenberger, les journées des conseillers fédéraux n'ont que 24 heures. Les nôtres aussi! Le nombre de dossiers a augmenté, les lois sont devenues très complexes, les projets sans commune mesure avec ce qui se faisait il y a 150 ans. N'importe qui peut devenir conseiller fédéral ou parlementaire, à condition de plaire aux électeurs et électrices. Qu'en est-il des compétences, de la formation continue des conseillers fédéraux? Ils n'ont pas la science infuse.

Les Commissions de gestion vont réfléchir à ces problématiques et je me réjouis d'ores et déjà de mener ces débats au sein de ces commissions, peut-être aussi ici, peut-être même après mon départ du Parlement.