Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2012-06-07
Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-06-07
Wortprotokoll
Chaque année en janvier, la grand-messe du capitalisme mondial prend ses quartiers à Davos. Le WEF est devenu un rendez-vous incontournable pour toutes celles et tous ceux qui rêvent de compter un peu dans notre monde économique mondialisé. Le WEF est à la finance et à l'économie ce que le Festival de Cannes est au cinéma et au bling-bling.
Cette grand-messe réunit, il est vrai, des personnes de bonne volonté qui aspirent à un monde plus humain, plus juste, respectueux de l'environnement, mais également - et en grand nombre - des responsables financiers, des chefs d'Etat, des grands banquiers, ces mêmes personnes qui ont contribué, à travers les dérives du monde financier, à façonner et à créer les conditions de la crise financière que nous traversons, avec les drames humains et sociaux que nous connaissons ici et ailleurs. Et que dire des dictateurs ou autres oligarques peu recommandables en quête de respectabilité et qui peinent à effacer totalement le sang qu'ils ont parfois sur les mains? Qui succédera à un certain Kadhafi cette année?
En l'an 2000, le Conseil fédéral a qualifié le WEF d'événement extraordinaire du fait de sa portée en faveur des intérêts internationaux de la Suisse. Cette grand-messe du capitalisme et de la mondialisation a donc été élevée au rang de priorité nationale avec à la clé des appuis conséquents accordés par les pouvoirs publics: la Confédération, par exemple, s'engage à hauteur de 3 millions de francs à contribuer aux frais de sécurité. C'est le moment de rappeler que, par le passé, des moyens considérables en termes de sécurité ont été mobilisés à cette occasion et qu'ils ont régulièrement contribué à limiter les possibilités de liberté d'expression des personnes qui souhaitaient manifester pour exprimer leur sentiment de désapprobation à l'égard du WEF.
Nous sommes donc appelés à nous prononcer sur la poursuite de l'engagement de l'armée en faveur du WEF pour 2013 à 2015. Dans ce dossier, le groupe socialiste a l'impression qu'on s'est installé dans la routine. On ne se pose plus de questions: on vote tous les trois ans l'engagement pour trois ans; le WEF fait partie du décor. Au contraire, nous souhaitons qu'une réflexion soit menée pour envisager une réduction progressive de l'engagement de l'armée, au profit d'un renforcement du rôle des différentes polices engagées. Nous défendrons cette position lors de la discussion par article, à l'article 3, en demandant une décision d'engagement limitée à 2013.
Vous l'aurez compris, comme d'habitude, le groupe socialiste dans sa majorité n'est guère enthousiasmé par ce dossier, et c'est un doux euphémisme que de parler de peu d'enthousiasme.