Maire Jacques-André · Nationalrat · 2013-09-19
Maire Jacques-André · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-09-19
Wortprotokoll
Je le répète, tous les experts le disent - ils sont unanimes: c'est en réduisant l'accès au produit que l'on peut essayer de lutter contre les comportements à risque en matière d'alcoolisme, et ceci d'ailleurs pour les jeunes comme pour les plus âgés. Je redis encore une fois en français, parce que cela a été dit plusieurs fois en allemand, que la situation à Genève est évidente: un rapport de l'Office fédéral de la santé publique constate, sur cinq ans d'interdiction de vente entre 22 heures et 6 heures du matin, une baisse des hospitalisations pour raison d'alcoolisme de plus de 30 pour cent au niveau de Genève.
Il y a d'autres faits: le même OFSP dit clairement que l'alcool est le problème de santé publique numéro un chez les jeunes. On a rappelé aussi, hier, dans le débat d'entrée en matière, que les problèmes d'alcool génèrent de façon directe ou indirecte des dépenses de plusieurs milliards de francs par année. Alors qu'on ne vienne pas nous dire que c'est un petit problème isolé de quelques jeunes dans quelques villes, etc.! C'est un problème massif qui touche l'ensemble du pays. On nous dit que, pour réduire l'accès à l'alcool, il suffirait de laisser faire les cantons et les villes. Alors expliquez-moi pourquoi les mêmes, c'est-à-dire l'Union des villes suisses, les chefs cantonaux de la santé publique, nous appellent tous - ils nous ont écrit - à faire quelque chose dans le cadre de cette loi fédérale. Pourquoi eux, qui ont la liberté d'agir, nous appellent-ils, nous, à faire quelque chose? Prenons nos responsabilités!
J'aimerais tirer un bref bilan puisque nous arrivons gentiment à la fin de ce débat: qu'est-ce qu'on a fait hier? On a baissé les recettes à disposition pour la prévention. Qu'est-ce qu'on vient de faire tout à l'heure? On a refusé d'introduire un prix minimum. Qu'est-ce qu'on s'apprête à faire - parce que malheureusement les jeux semblent faits -, qu'est-ce qu'on s'apprête à faire à l'article 10? On va supprimer les quelques mesures de prévention que le Conseil fédéral lui-même avait introduites. Le Conseil fédéral avait bien dit, au début de cette loi, que l'objectif était précisément aussi de s'attaquer aux problèmes de consommation à risque. Donc nous sommes en train de vider cette loi de tout son sens. Nous supprimons les moyens, nous supprimons toutes les mesures un peu concrètes. Alors prenons nos responsabilités. Personnellement, et tout mon groupe le fera, nous ne pourrons que rejeter une telle loi vidée de son sens.
Je ne peux, je le répète, qu'essayer de vous inviter à suivre les recommandations du Conseil fédéral que les propositions des minorités Marra et Schelbert reprennent. Un peu de sens des responsabilités, s'il vous plaît! [PAGE 1532]