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Aubert Josiane · Nationalrat · 2013-12-02

Aubert Josiane · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-12-02

Wortprotokoll

Une fois de plus, les comptes pour l'année en cours ont toutes les chances d'être bouclés avec un solde positif, estimé à 700 millions de francs par rapport au budget. Et une fois de plus la majorité de droite de ce parlement adopte une attitude catastrophiste et fait comme si le pays était au bord du gouffre financier.

Le Conseil fédéral a élaboré un budget serré, tenant compte du frein à l'endettement, assumant de prioriser les tâches à accomplir, selon ce que le Parlement lui demande. Depuis 2003, soit depuis dix ans, le frein à l'endettement est le pilier sur lequel se fonde la politique budgétaire. Le rapport du Conseil fédéral paru la semaine passée tire d'ailleurs un bilan positif en concluant que le frein à l'endettement avait permis à la Confédération d'équilibrer ses finances et de réduire sa dette tout en menant durant la crise financière et la crise de la dette une politique budgétaire adaptée à la conjoncture.

Avec le frein à l'endettement, notre pays est tenu dans un carcan financier des plus sévères, qui évite toute tentative de prévoir des dépenses inconsidérées et un endettement non planifié. Connaissez-vous un autre pays dans lequel la marge de manoeuvre budgétaire soit aussi bien définie et sécurisée que le nôtre? Il n'en existe pas. Non contente de cela, et faisant preuve d'une méfiance préjudiciable à l'égard du Conseil fédéral, la majorité de la commission préconise des coupes linéaires, à l'aveugle, de 50 millions sur le personnel, et de 150 millions sur les biens et services. Des coupes de cette ampleur, sans tenir compte des tâches confiées par le Parlement lui-même et des besoins réels liés aux missions de l'Etat au service de la population, tiennent de la pure idéologie et ne reposent sur aucun travail sérieux. J'en veux pour preuve que chaque sous-commission de la Commission des finances reconnaît l'excellent travail accompli avec professionnalisme par le personnel des différents offices visités.

Le groupe socialiste s'insurge contre cette manière de pratiquer qui dénote un manque de sens des responsabilités en termes de gestion efficiente de l'Etat. Les coupes proposées par la majorité de la commission sont un signal lamentable; même les chefs d'entreprises savent éviter de telles erreurs qui démotivent inutilement le personnel.

Au niveau de la Confédération, les départements qui travaillent déjà en flux tendu, sans restes de crédit, seront les plus punis par ces mesures arbitraires: de quoi décourager à l'avenir les conseillers fédéraux de conduire leur département avec rigueur!

Il est aussi significatif de constater que les demandes d'augmentation de personnel pour les contrôleurs des recettes de la TVA, qui pourraient apporter plus d'argent dans les caisses de l'Etat soient refusées, de même que l'augmentation du nombre des gardes-frontière, refusée par ceux-là mêmes qui demandent un retour à plus de contrôles aux frontières.

Bref, en un mot comme en cent, le groupe socialiste conteste les coupes proposées par la droite de ce Parlement et rejettera ce projet de budget si ces coupes ne sont pas abandonnées.