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Polla Barbara · Nationalrat · 2001-12-04

Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-12-04

Wortprotokoll

M. Villiger, conseiller fédéral, semblait mettre en doute hier la cohérence des libéraux, qui vous demandent aujourd'hui de permettre la survie et le développement des écoles suisses à l'étranger. Mais il n'en est rien, la cohérence est parfaite. Les libéraux se sont très clairement prononcés contre l'investissement de la Confédération au titre de capital d'une entreprise privée, car les libéraux ne pensent pas que c'est là le rôle de l'Etat. Les libéraux estiment que le rôle de l'Etat, c'est avant tout de garantir la qualité de la formation et de la sécurité des citoyens, puis d'assurer, dans une vision d'avenir, des conditions-cadres adéquates pour une économie basée sur le marché, de veiller à la qualité de l'identité et de l'image suisses à l'intérieur comme à l'extérieur, et d'assurer la paix sociale. C'est au titre de l'image suisse, par exemple, que les libéraux ont soutenu Expo.02 et c'est à ce titre aussi, celui de l'identité suisse, en l'occurrence à l'étranger et qui plus est, conjuguée avec la formation, que les libéraux vous demandent de soutenir la proposition Eggly. La formation, c'est un investissement dans l'avenir, ce n'est jamais une subvention.

Les libéraux sont donc parfaitement cohérents et, de plus, Monsieur le Conseiller fédéral, nous sommes démocratiques, donc bons perdants. Bien que nous ayons refusé, contre l'avis de la majorité de ce Parlement, que la Confédération investisse dans Swissair, nous sommes entrés en matière sur le budget 2002, nous sommes entrés en matière et nous voterons ce budget. La majorité bourgeoise du Parlement et le Conseil fédéral estiment qu'il est adéquat, au titre de l'image suisse notamment, de faire un tel investissement dans une entreprise privée porteuse de notre croix blanche. Alors, on ne peut pas dire, Monsieur le Conseiller fédéral, que quelques dizaines de millions de francs supplémentaires que nous allons introduire au budget pour la formation, pour l'image de la Suisse, pour l'avenir en un mot, menacent l'équilibre financier et que, pour ces quelques dizaines de millions ou centaines de milliers de francs pour le Salon international du livre, de la presse et du multimédia de Genève, par exemple, ou pour le Festival européen de musique de jeunesse 2002 en Suisse, il va falloir augmenter les impôts. Les quelques dizaines de millions de francs que nous vous demandons, ce sont bien peu de choses dans ce budget, mais pour chacun des postes qui nous intéressent, ils représentent la condition sine qua non, non seulement d'un avenir rose, mais d'un avenir tout court.

Comme vous l'avez souligné hier, Monsieur le Conseiller fédéral, les citoyens suisses ont balayé ce week-end l'impôt sur les gains en capital et plébiscité le frein à l'endettement. Les libéraux ont certainement contribué, fût-ce très modestement, à ce résultat. J'ai lu très attentivement vos explications sur le frein à l'endettement. Il s'agit, n'est-ce pas, de compenser en période grasse les trous creusés en période maigre, tout en maintenant les niveaux de la dette confédérale. Dans ces conditions, si nous pouvons assumer l'investissement dans Swissair parce que nous sommes confiants, parce que nous savons que les vaches grasses attendent déjà, qu'elles sont là, derrière la porte, alors nous pouvons aussi nous permettre de faire vivre les écoles suisses à l'étranger et même le cinéma suisse.

Les écoles suisses à l'étranger sont un vecteur fondamental de la pérennité de notre pays. Ces enfants, que leurs parents souhaitent former à la Suisse, doivent pouvoir bénéficier de la qualité de notre type de formation. La proposition Eggly est porteuse d'un message fort. La Suisse s'occupe des siens, même s'ils sont ailleurs! Les frontières de la Suisse sont élastiques, lorsqu'il s'agit de former ses enfants. Pour un objectif aussi important, il en va de même du budget. Il est aussi capable, sans être menacé, de faire preuve d'une toute petite élasticité.

Je vous remercie donc de bien vouloir soutenir la proposition Eggly - une proposition faite d'ailleurs au nom de nombreux conseillers nationaux à travers tout l'échiquier politique -, et bien sûr de soutenir aussi ma proposition. Personnellement je soutiendrai toutes les propositions qui ont été faites ce matin, mais mon groupe se concentrera sur la formation. Car si une chose nous réunit tous dans ce Parlement, c'est bien l'importance que nous accordons à la formation et nous aurons encore d'autres opportunités de le constater aujourd'hui même.