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Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2001-12-04

Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2001-12-04

Wortprotokoll

Je viens vous demander de débattre quelques minutes de nos budgets d'aide au développement. L'an passé, nous avions rétabli le budget proposé par le Conseil fédéral, puisque le Conseil fédéral proposait une coupe de 16 millions de francs par rapport à l'année précédente. Nous avions ramené l'effort au même niveau que l'année précédente. Cette année, le Conseil fédéral est mieux inspiré. Il s'est souvenu des engagements qu'il a pris, à savoir de porter d'ici à 2010 notre effort pour l'aide au développement à 0,4 pour cent du produit national brut.

La question est assez simple, c'est une simple question de crédibilité. Est-ce que nous acceptons cet objectif? Est-ce que le Conseil fédéral tient à cet objectif d'arriver à 0,4 pour cent de notre produit national brut en 2010, ou est-ce que nous y renonçons?

Nous sommes évidemment partisans de nous y maintenir, parce que nous estimons que ce pays, qui concentre sur son sol un certain nombre des plus grandes richesses de ce monde - ces richesses sont d'ailleurs souvent faites en grande partie dans les pays du Sud, par des multinationales -, nous pensons que ce pays doit pouvoir redistribuer 0,4 pour cent de son produit national brut, norme qui a été fixée de manière multilatérale.

Alors, pour arriver à ce chiffre de 0,4 pour cent, chiffre modeste accepté par le Conseil fédéral, soutenu par les Chambres, nous devrions augmenter nos dépenses pour l'aide au développement de 6,8 pour cent en moyenne chaque année. Cette année, cela signifierait une augmentation de 80 millions de francs. Or, le Conseil fédéral nous propose 58 millions de francs, c'est-à-dire 22 millions de francs de moins que l'objectif, le tableau de marche qu'il s'est fixé.

Cette décision se traduit notamment par des coupes parfois modestes, mais dans ce domaine on peut faire parfois beaucoup de choses avec peu d'argent. Par exemple, les banques régionales de développement verront une coupe de 1,2 million de francs de la dotation de notre pays.

L'aide humanitaire - vous le savez, avec ce qui se passe en Afghanistan notamment - mériterait, là également, quelques moyens supplémentaires. C'est la raison pour laquelle vous avez les amendements qui vous sont proposés. Il s'agit, d'entente avec la DDC, de répartir 22 millions de francs de façon à ce que nous tenions le tableau de marche, voulu par le Conseil fédéral et approuvé par les Chambres, d'une progression à 0,4 pour cent du produit national brut.

Ces 22 millions de francs permettraient de soutenir l'aide humanitaire, de soutenir l'aide aux pays de l'Est, notamment dans les Balkans, de soutenir également le travail pour le développement, le soutien aux banques régionales de développement, le soutien à des organisations internationales restant limité dans ma proposition puisqu'il n'augmente que de 2 millions de francs.

Il est temps de savoir si nous tenons à cet objectif. Il est temps également de faire preuve d'un engagement honorable, qui est à l'honneur de notre pays, c'est-à-dire de redistribuer une partie de notre richesse pour ceux qui en ont le plus besoin. C'est un des sujets importants du débat budgétaire.

Je vous invite à suivre les propositions de minorité I et de minorité II.