Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · 2015-03-18
Thorens Goumaz Adèle · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2015-03-18
Wortprotokoll
La force du franc est un défi pour notre économie, en particulier pour certains secteurs de notre économie touristique et d'exportation. Aux yeux du groupe des Verts, la réponse à ce défi tient en une phrase: nous avons besoin de plus d'innovation, plutôt que de dérégulation.
Il est absurde de remettre en cause le tournant énergétique et la promotion d'une économie verte en prétextant la force du franc. Tous deux rendent notre économie plus efficiente. Ils renforcent notre autonomie face à l'étranger et notre marché intérieur, en créant de la plus-value et des emplois locaux. La stratégie énergétique et l'économie verte soutiennent en outre l'innovation, qui constitue la seule réponse crédible de notre économie d'exportation face à la force du franc.
Le groupe des Verts est dès lors satisfait que le Conseil fédéral affirme, dans sa réponse à son interpellation urgente, qu'il entend poursuivre sa politique actuelle en faveur d'une économie préservant les ressources. Les associations de consommateurs et les secteurs économiques concernés n'ont pas non plus fait volte-face depuis le 15 janvier dernier: ils continuent à soutenir l'économie verte. Les décisions positives prises au Conseil national en faveur du tournant énergétique doivent en outre être confirmées et même renforcées par le Conseil des Etats.
Le groupe des Verts demande de surcroît au Conseil fédéral d'augmenter de manière conséquente les crédits de la Commission pour la technologie et l'innovation et de débloquer ces moyens cette année déjà. Une motion a été déposée à cet effet. Dans sa réponse à notre interpellation, le Conseil fédéral se montre ouvert à cette proposition. Les Verts sont enfin prêts à débattre de mesures de soutien à court terme pour le secteur touristique, pour autant qu'elles favorisent un tourisme durable.
Ces soutiens ciblés à l'innovation et à la création de plus-value et d'emplois durables sur notre territoire sont autrement efficaces que des mesures de dérégulation ou visant les salaires, dont le principal effet serait d'affaiblir le pouvoir d'achat des ménages. Le Conseil fédéral le reconnaît en partie dans sa réponse à notre interpellation, en condamnant une diminution généralisée des salaires. Il reconnaît également l'importance accrue, du fait du franc fort, du maintien des bilatérales, pour lesquelles les Verts continueront à s'engager avec détermination.
Par contre, le Conseil fédéral se montre beaucoup trop timoré sur les propositions du groupe des Verts en faveur d'une meilleure régulation des mouvements de capitaux. Il faudra pourtant bien s'engager un jour dans cette direction, en coordination avec nos voisins européens. Depuis la dernière crise financière, nous savons que les flux financiers incontrôlés peuvent avoir des conséquences fatales pour l'économie réelle. Je pose donc la question au Conseil fédéral: combien de crises faudra-t-il encore pour que nous prenions enfin des mesures préventives?