Berberat Didier · Ständerat · 2015-06-02
Berberat Didier · Ständerat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-06-02
Wortprotokoll
Le 18 mai dernier, la Commission de politique extérieure a pris connaissance du rapport annuel de la Délégation auprès de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et vous propose, comme pour les autres rapports de délégations, d'en prendre acte.
Comme vous avez bien entendu lu ce rapport, je pourrai être relativement bref, afin de ne pas abuser de la patience des quelques rares courageux, voire téméraires, conseillers aux Etats encore présents dans la salle.
Ce qu'il faut savoir, c'est que l'APF regroupe 81 sections, dont 57 parlements nationaux et un certain nombre de parlements régionaux ainsi que d'organisations internationales ou interparlementaires. Même si la délégation auprès de l'APF est composée exclusivement de parlementaires francophones, elle a toujours eu pour but et à coeur de défendre les intérêts de la Suisse dans son ensemble, en tirant parti du réseau que constitue l'APF regroupant une soixantaine d'Etats répartis sur les cinq continents. L'APF est en quelque sorte le pendant parlementaire de l'Organisation internationale de la Francophonie.
60 Etats, c'est environ le tiers du total des membres de l'ONU, ce qui crée des solidarités, des amitiés, qui permettent de faire reconnaître les propositions suisses et souvent de les faire accepter dans les enceintes internationales.
A l'instar des autres délégations, la délégation auprès de l'APF est très active. Deux de ses membres, Madame Seydoux et moi-même, sont membres du Bureau. En outre, elle occupe la présidence de l'une des quatre commissions permanentes de l'APF: la Commission de l'éducation, de la communication et des affaires culturelles. Je vous signale d'ailleurs que la délégation accueillera, début juillet, la session annuelle de l'APF, qui réunira environ 300 parlementaires.
Au cours des dernières années, la délégation a mis l'accent sur trois thèmes importants, qui sont des enjeux de portée nationale. Deux ont trait à l'éducation et un à la santé publique.
Depuis environ trois ans, la délégation a mis en avant, au sein des instances de l'APF, la question de la formation professionnelle, qui est un domaine d'excellence dans notre pays. Notre système intéresse beaucoup de pays étrangers, qu'ils soient francophones ou non d'ailleurs. Des projets de collaboration avec le Gabon et le Sénégal ont été mis sur pied notamment dans le domaine du bois. Bien entendu, le modèle suisse n'est pas transposable tel quel, puisqu'il dépend d'un certain nombre de conditions-cadres que tous les pays n'ont malheureusement pas. Beaucoup de pays tentent de s'inspirer de notre système afin de promouvoir l'enseignement dual, qui est une des conditions permettant de lutter, en particulier, contre le chômage des jeunes, qui est extrêmement élevé dans les pays les moins avancés.
En matière d'éducation, la délégation a également mis l'accent sur les cours en ligne qui ont été notamment développés par l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne dans le domaine des sciences de l'ingénieur - il s'agit du projet RESCIF. De nombreux cours en ligne ouverts à tous sont dispensés en partenariat avec les universités du Nord et les pays du Sud. Il s'agit de proposer un enseignement supérieur de qualité aux pays émergents, qui ne disposent souvent pas des institutions universitaires permettant à leurs jeunes de se former de manière adéquate.
Enfin, la délégation s'engage de manière très active contre les lois pénalisant certains groupes à risques dans la lutte contre le VIH/sida. En effet, ces normes pénales d'un autre temps sont des obstacles majeurs à l'accès égalitaire aux services vitaux de dépistage, de soin et de traitement de cette pandémie.
Ces trois thèmes seront bien entendu mis en avant lors de la 41e session plénière en juillet prochain à Berne.