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Levrat Christian · Ständerat · 2015-06-02

Levrat Christian · Ständerat · Freiburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2015-06-02

Wortprotokoll

Il semble que dans ces débats agricoles il y ait quelques "evergreens". Tout d'abord, le lobbying des organisations paysannes, qui est en général aussi excessif que déplacé, n'a cette fois-ci pas échappé à la règle. Ensuite, les explications sont en règle générale prévisibles: pour les uns, c'est la nécessité de soutenir l'agriculture de montagne; pour les autres, c'est la nécessité d'un équilibre des sacrifices; tout cela n'est pas très original.

Si nous regardons le texte et les propositions qui nous sont faites, je dois avouer une certaine sympathie pour la proposition de la minorité II (Hösli). Ce n'est évidemment pas une sympathie partisane, mais c'est lié à la manière dont ces économies nous sont proposées. Il faut donner raison à Monsieur Baumann: sur les 56,7 millions de francs, 50 millions sont coupés dans les paiements directs alors que ceux-ci sont déterminants pour le revenu paysan. Le message du Conseil fédéral nous indique que cela représente près de 900 francs en moyenne par exploitation. Nous nous prononçons donc concrètement sur une réduction de 900 francs du revenu paysan par exploitation. Honnêtement, cela ne me paraît pas raisonnable, compte tenu de l'évolution de ce revenu, de l'état de l'agriculture et des efforts que nous demandons dans la mise en oeuvre de la Politique agricole 2014-2017. Vous savez que je représente un canton qui est directement concerné, dans lequel l'immense majorité des paysans est perdante à cause de cette politique agricole. Il me paraît difficile de s'enprendre directement aux ressources des paysans.

Par contre, s'il y a une invitation à faire pour les prochains programmes d'économies - parce que je fais partie de ceux qui considèrent qu'on ne peut pas simplement écarter l'agriculture de toute mesure d'économie -, c'est de s'attaquer aux subventions, à la bureaucratie paysanne. Tous les gens qui nous écrivent, toutes ces associations qui sont touchées d'une manière ou d'une autre par les économies proposées, tous ces gens-là bénéficient de subventions de la Confédération en raison de leur contribution à la politique agricole.

Je vous invite à vous intéresser pour une fois de beaucoup plus près aux subventions accordées aux organisations agricoles et de tenter, dans toute la mesure du possible, de faire porter l'effort d'économies sur cette bureaucratie agricole et d'épargner au maximum les paysans à titre individuel. Ici, on fait précisément l'inverse: on fait porter l'effort d'économies sur les paiements directs et sur les exploitations individuelles, plutôt que de s'en prendre aux organisations et à la bureaucratie mises sur pied pour gérer notre agriculture.

Celles et ceux qui à longueur d'année font profession de lutter contre la bureaucratie devraient peut-être, en matière agricole, être un peu plus attentifs et un peu plus précis dans les propositions de coupes budgétaires. Il serait en effet possible d'avoir une véritable "Opfersymmetrie" et d'économiser dans l'agriculture là où il y a de vraies marges de manoeuvre.