Lexipedia

Clottu Raymond · Nationalrat · 2015-06-03

Clottu Raymond · Nationalrat · Neuenburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2015-06-03

Wortprotokoll

Une infrastructure routière performante est à la base de la croissance et de la prospérité. Pour mémoire, la route relie non seulement les régions, mais aussi les cultures de notre pays. Les routes sont de véritables artères vitales assurant de multiples fonctions. Au total, 84 pour cent du trafic de personnes se fait par la route. On n'accorde pas assez d'attention en Suisse à l'importance économique du mode de transport "route". Son bon fonctionnement est du reste considéré comme allant de soi, sans plus. Or, ce réseau routier constitue une partie essentielle du capital productif de notre pays. La route reste et restera, n'en déplaise à certains, le principal mode de transport à l'avenir. Il est important, primordial, de mettre en place une infrastructure de transport routier répondant aux besoins futurs par des véhicules de plus en plus performants en matière de consommation d'énergie.

De ce fait, la politique des transports ne peut pas continuer comme cela. Voici une dure réalité: malgré les milliards investis dans l'infrastructure ferroviaire, on ne constate aucun déplacement du trafic de la route vers le rail. Bien au contraire, bien que ces fonds soient massivement détournés par une politique idéologique, la route ne cesse d'augmenter sa part dans les transports. Ainsi, 80 pour cent des prestations de transport du trafic intérieur passent par la route; cette proportion est de 70 à 75 pour cent dans l'import/export. Ces quelques chiffres démontrent clairement que la route est le mode de transport numéro un et qu'elle le restera en raison notamment de rapides progrès technologiques.

Madame la conseillère fédérale, si vous ne voulez pas subir un même échec que celui qui s'est produit lors du référendum sur le prix de la vignette autoroutière, il serait temps que vous teniez compte de ces faits incontestables et que vous choisissiez d'orienter la politique des transports en conséquence. Il va de soi que la Suisse a besoin à la fois des transports publics et du trafic privé. Mais l'aménagement nécessaire de l'infrastructure routière a du mal à démarrer, parce que, chaque année, des milliards de francs récoltés auprès des usagers de la route sont détournés au profit du rail et de la caisse fédérale.

Les indispensables élargissements, contournements - je pense à mon canton, plus particulièrement à la population du Locle et de La Chaux-de-Fonds -, ainsi que la suppression de goulets d'étranglement, sont constamment reportés afin de financer des projets qui n'ont très souvent aucun rapport avec la route. [PAGE 853]

Cette situation est intolérable et ne peut plus durer. Depuis des décennies, les automobilistes sont traités comme des vaches à lait, le produit de leurs taxes servant à financer d'autres modes de transport et à alimenter les caisses fédérales: hausses constantes des taxes et redevances, produit des amendes inscrit aux budgets publics, alimentation du budget fédéral, subventions transversales en faveur du trafic ferroviaire.

Par contre, la route, qui est, et de loin, le principal mode de transport de notre pays, ne dispose que d'une fraction des importantes recettes qu'elle génère. Sur les plus de 9 milliards de francs récoltés en taxant les usagers de la route au niveau fédéral, 30 pour cent seulement sont affectés aux aménagements routiers. Avec ce "détournement massif de fonds", on ne fait que le strict nécessaire pour les routes, et les projets importants restent en plan.

Chaque automobiliste, transporteur, habitant des zones touchées en a fait l'amère expérience: aux heures de pointe, on n'avance plus qu'au pas sur de nombreux tronçons. Aujourd'hui, on compte déjà quelque 21 000 heures d'attente dans les bouchons sur les routes nationales. Ces attentes provoquent des pertes économiques de plus de 1,8 milliard de francs. Lorsque la capacité fait défaut, même le moyen de transport le plus moderne ne sert plus à rien. Il est donc urgent de remettre en forme l'infrastructure routière suisse et de rectifier le tir par un financement équitable des transports. Le dogmatisme doit enfin cesser.

En conséquence, je vous invite à recommander au peuple et aux cantons d'accepter cette initiative populaire.