Recordon Luc · Ständerat · 2014-03-20
Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2014-03-20
Wortprotokoll
En effet cette réponse est satisfaisante sur le plan technique et également parce qu'elle ouvre une certaine piste en fonction des projets d'aide à la presse. Tout de même, si l'on y réfléchit et que l'on met ensemble la situation assez favorable de la Poste suisse - qui nous réjouit tous et qui est liée en bonne partie à Postfinance -, je dois dire que je comprends mal que l'on n'attende pas davantage de la Poste suisse dans sa mission de service public. Car les journaux représentent quand même un volume important de ce qui est transporté, et réciproquement les coûts postaux de la presse écrite sont un facteur important des charges qui pèsent sur elle. On est tous attaché à la liberté de la presse, qui passe par sa grande diversité, et cette diversité, il faut bien le reconnaître, a une méchante tendance à se réduire dans notre pays. La concentration a déjà été assez marquée. Les prises de contrôle - parfois avec des visées assez hégémoniques - se sont dévoilées, il y a des journaux qui sont toujours davantage menacés; je ne citerai pas de titres pour ne pas leur faire de tort, mais il y a des cas flagrants. Dans la presse d'opinion notamment, il est de plus en plus difficile de maintenir une forme de diversité, pourtant nécessaire à notre société démocratique. Je trouve que l'effort annuel de quelques dizaines de millions de francs est bien faible au regard du bénéfice que la Poste a annoncé - plusieurs centaines de millions de francs - et de la part qu'elle va bientôt verser en impôts sur ce bénéfice. Il me semblerait donc nécessaire et urgent, étant donné la crise financière assez forte que traversent nos médias, de repenser les coûts de distribution de la presse écrite.
Evidemment, ce n'est qu'une partie du problème de nos médias. Et on peut espérer - je l'ai développé dans une intervention précédente, il y a quelques mois - que le développement de ce qu'on appelle dans un très mauvais français les "pure players", c'est-à-dire les éditeurs de presse qui sont présents uniquement sur Internet et qui n'ont pas, comme la presse écrite, à la fois une édition Internet et une édition papier, apportera un facteur de diversité. J'ai d'ailleurs appelé de mes voeux - le Conseil fédéral est allé dans ce sens et je l'en remercie - le soutien du développement de cette presse Internet. Néanmoins, c'est encore un développement très lent et si on devait assister à la fermeture de titres, soit très importants par leur généralité et leur extension, soit plus petits mais reflétant la diversité médiatique et l'opinion, ce serait assez grave.
Pour faire le bilan de cette interpellation: la réponse est techniquement satisfaisante, mais il faudrait à mon avis être plus ambitieux et davantage montrer le bout de l'oreille que ne le fait le Conseil fédéral dans sa réponse à ma troisième question.