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Recordon Luc · Ständerat · 2013-09-09

Recordon Luc · Ständerat · Waadt · Grüne Fraktion · 2013-09-09

Wortprotokoll

Il faut le dire clairement, cette initiative populaire tend à augmenter le nombre des avortements. Pour employer un langage de juriste, elle y tend par dol éventuel, c'est-à-dire sciemment et sans scrupule, car nous savons tous, par une expérience pluridécennale, que lorsque l'on met des entraves à l'avortement, on en augmente le nombre et on en détériore la qualité médicale. En particulier lorsque les avortements ne sont plus remboursés ou lorsqu'ils ne l'ont jamais été, on constate que les personnes qui veulent y recourir néanmoins le font le plus souvent et le font alors dans de très mauvaises conditions au plus grand détriment, en certaines occasions, de la santé de la mère et éventuellement de l'enfant s'il vient quand même à naître. C'est donc une initiative dont l'objectif est profondément dangereux. Et non seulement elle n'atteint pas son but, puisque son propos réel est pour beaucoup d'initiants - si ce n'est pour tous, comme Monsieur Berberat vient de le rappeler - de revenir en arrière sur la législation de base sur l'avortement en utilisant la voie oblique et assez mesquine, il faut le dire, du financement, mais, précisément sur le plan du financement, on doit s'attendre à une augmentation du nombre d'avortements et de complications, donc à une augmentation des coûts de la santé. C'est dire à quel point cette initiative - et la proposition de Monsieur Föhn tendant à essayer de la sauver par un contre-projet est dépourvue de tout espoir raisonnable et il faut aussi la rejeter - manque véritablement son but et est profondément contre-productive.

Outre les arguments que l'on doit encore lui opposer sur un plan éthique, parce qu'elle conduit à frapper durement les personnes qui ont peu de moyens financiers, c'est une initiative profondément antisolidaire. Celles qui ont les moyens trouveront les ressources nécessaires pour procéder aux avortements dans des conditions raisonnables malgré tout, si la disposition devait être appliquée. Mais celles qui n'ont pas d'argent sont condamnées soit à ne pas avorter, soit à avorter, je l'ai dit, dans des conditions épouvantables.

Et puis, last but not least, le sort réservé aux femmes par cette initiative est particulièrement désinvolte en ce sens que rien n'est prévu pour la participation équitable aux frais de celui qui, avec la femme concernée, a participé à la procréation.

A tous égards, cette initiative doit non seulement être rejetée fermement, mais aussi liquidée le plus rapidement possible par notre Parlement pour qu'on s'occupe de choses plus urgentes et nécessaires.