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preparatory:AB 175480

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2013-09-11

Wortprotokoll

L'achat de 22 Gripen représente une erreur de casting tant sur le fond que sur la forme. Sur le fond, car nous n'avons pas besoin de nouveaux avions de combat. Les avions de combat sophistiqués avec les nouvelles trouvailles technologiques dernier cri, c'est bon pour une guerre conventionnelle, pour repousser un envahisseur, en l'occurrence théoriquement l'un de nos voisins. Et disposer d'armes d'attaque air-sol sur nos avions, pour quoi faire, sinon risquer bombarder notre territoire et tuer ou blesser nos concitoyennes et concitoyens? Tout cela est ridicule. Car 1989 est passé par là, avec la chute du mur de Berlin et la fin de la guerre froide. L'Europe est pacifiée. Imaginer la survenue d'un conflit armé au centre de l'Europe paraît quasiment impossible, et pour longtemps, selon le Service de renseignement de la Confédération. Et de toute manière, si l'on souhaitait se prémunir en vue d'une bataille aérienne conventionnelle, alors 22 avions, ce n'est pas assez. Cela serait une force ridicule, et en plus avec un avion de second rang, doté d'un seul réacteur et qui devrait encore faire ses preuves.

Nous avons besoin d'assurer la sécurité de notre espace aérien, c'est vrai. Mais nous devons le faire avec les pays qui nous entourent, en collaboration, en partenariat. En l'état actuel, les avions dont nous disposons, renforcés par des drones, suffisent.

Reprenons l'histoire de cette acquisition hasardeuse et aventureuse. Trois avions au départ, résultat: deux avions bien notés, le Rafale et l'Eurofighter, et le troisième, le Gripen C/D à la traîne. Alors nos amis suédois nous ont proposé en remplacement le fameux Gripen E/F, à l'époque encore dans les limbes du développement technologique, un nouvel avion avec 98 améliorations technologiques par rapport à la version C/D. Mais vu qu'il n'existait pas encore, on n'a pas pu le tester. Armasuisse a procédé à de savants calculs par rapport aux résultats du Gripen C/D pour arriver à noter le Gripen E/F: fumeux, léger. Résultats: une note très moyenne en définitive. Et tout cela, semble-t-il, s'est réalisé dans le dos de Dassault et d'EADS, peu au fait de ces combines et peu élégamment écartés, c'est le moins que l'on puisse dire.

Fin 2011, pressé par le Parlement, le Conseil fédéral a en effet choisi l'avion le moins cher, le Gripen, pas encore acheté à l'époque par la Suède, au grand dam de certains qui ont organisé les fuites que l'on connaît dans la presse, le présentant comme l'avion le moins performant et un avion n'existant pas. La sous-commission d'enquête a parlé d'un choix risqué d'un point de vue technique, financier et politique. Les critiques de la sous-commission ont mis en exergue les faiblesses du choix du Gripen E. Depuis lors, les porteurs du dossier s'emploient à nous rassurer pour nous faire croire que tout est sous contrôle.

Le choix du Parlement, l'acquisition éventuelle d'un avion de deuxième choix, a un prix: pas 3 mais en fait 9 à 10 milliards de francs, car aux frais d'acquisition, il faut ajouter les frais de développement et les frais d'entretien. Les gens de ce pays ont besoin d'autre chose que d'avions de combat; les besoins sociaux sont immenses. Et que dire de la contrainte de privilégier la collaboration militaire aérienne avec la Suède qui, comme chacun le sait, se trouve être notre plus proche voisin? C'est ridicule!

Ce dossier est mal ficelé. Poussé par les contraintes du frein à l'endettement, le Conseil fédéral a opté pour un avion de deuxième choix, encore à développer. C'est un choix risqué et une acquisition inutile.

Je vous remercie de soutenir les diverses propositions de minorité, notamment la minorité Allemann.