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Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2014-03-05

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2014-03-05

Wortprotokoll

Notre système de santé est l'un des meilleurs au monde et, de ce fait, il a un certain coût. La mise en place d'une caisse publique ne va pas diminuer ces coûts, mais va exclure toute concurrence et entraîner l'homogénéisation de l'offre proposée par tous les hôpitaux. La diversité de l'offre est d'autant plus importante qu'elle permet de choisir son hôpital en fonction de ses besoins. La caisse unique, seule interlocutrice des hôpitaux, aura pour effet de standardiser les structures ainsi que les processus.

Beaucoup de choses ont déjà été dites dans ce débat et pour ma part deux questions principales se posent concernant la mise en oeuvre de cette initiative.

La première question est la suivante: combien de temps faudra-t-il pour changer de système? On ne trouve ni dans le texte de l'initiative ni sur son site Internet les réponses à cette question. Le passage à la caisse unique ne peut se réaliser d'un jour à l'autre par un simple clic de souris d'ordinateur. On ne peut pas simplement fermer 60 caisses le 31 décembre d'une année et ouvrir la nouvelle caisse publique le 1er janvier suivant. Pour mettre en place le siège principal et les agences cantonales, pour transférer ou recruter le personnel et implanter les systèmes informatiques, il faudra plus de dix ans selon les spécialistes. Les deux systèmes devront donc inévitablement coexister durant plusieurs années, avec des coûts importants.

La deuxième question est précisément: combien cela va coûter et qui paiera? Là aussi, c'est le mutisme au sein des partisans de la caisse publique. On nous dit simplement que tout changement a un coût. Mais ce que l'on aimerait savoir, c'est quel coût. Les électrices et les électeurs devront donc voter les yeux fermés sur les conséquences organisationnelles et financières de cette initiative. Selon une étude de la Haute Ecole zurichoise en sciences appliquées, ce changement pourrait coûter environ 2 milliards de francs. Si cela est à la charge des assurés, bonjour l'augmentation momentanée des primes! D'une part, l'Etat ne pourra pas prendre à sa charge ces montants sans des mesures d'économie dans de nombreux secteurs. D'autre part, nous subirons aussi une augmentation permanente des frais de santé et en conséquence les structures lourdes propres à toute entreprise publique. Actuellement, les frais administratifs des assureurs-maladie s'élèvent à environ 5 pour cent du total des charges, alors que pour les monopoles d'Etat ils atteignent souvent plus de 10 pour cent. Les primes d'assurance-maladie reflètent la qualité de notre système de santé ainsi que la consommation que l'on en fait.

La caisse unique ne va pas changer cet état de faits. Celles et ceux qui s'attendent à ce que la caisse unique fasse baisser les primes se trompent. Au contraire, on aura une prime identique par canton, faisant fi des régions. Les régions rurales de certains cantons se trouveront pénalisées.

Je vous demande donc de recommander au peuple et aux cantons de rejeter cette initiative populaire.