Polla Barbara · Nationalrat · 2001-12-12
Polla Barbara · Nationalrat · Genf · Liberale Fraktion · 2001-12-12
Wortprotokoll
J'ai déjà insisté, au cours du débat d'entrée en matière, sur l'importance que les libéraux accordent à l'équilibre dans les questions qui touchent au chômage. J'aimerais souligner à cette occasion que le chômage, surtout le chômage de longue durée, et surtout celui des plus âgés d'entre nous, reste une situation extraordinairement difficile, si tant est que nous n'avons trouvé aucun système d'intégration, d'inclusion sociale aussi puissant que le travail. L'emploi ne se décrète pas et seule l'économie peut créer des emplois viables parce que nécessaires. L'horreur économique, c'est le non-emploi et il est bon que, dans nos décisions de ce jour, nous prenions à nouveau en considération l'indispensable équilibre à respecter entre les besoins de l'économie, d'une part, et ceux des chômeurs, d'autre part, afin que ces besoins puissent se rejoindre dans des solutions efficaces.
Concrètement, le Conseil fédéral nous propose aujourd'hui de diminuer de 520 à 400 le nombre maximum d'indemnités journalières, donc de passer de deux ans à un an et demi. Cette réduction n'est pas négligeable, comme le disent certains, mais elle n'est pas excessive non plus, comme le prétendent d'autres. Elle se justifie, d'une part, par l'amélioration globale du marché de l'emploi ces dernières années, malgré les problèmes que rencontre Zurich en ce moment et, d'autre part, par la plus grande efficacité des ORP, dont d'ailleurs celui récemment créé à Zurich - ces ORP qui ont permis, dans l'ensemble du pays, de réduire considérablement le chômage, et notamment celui de longue durée.
En faveur de cette diminution, il est utile de rappeler que l'assurance-chômage suisse est l'une de des plus généreuses parmi celles des 29 pays de l'OCDE. Rappelons aussi que le nombre d'indemnités journalières était de 250 durant la première moitié des années quatre-vingts et que ce n'est qu'au cours des années nonante qu'elles ont été progressivement augmentées à 300, puis 400, puis 520. De plus, si la durée maximale est aujourd'hui de 520 indemnités journalières, il faut bien reconnaître que la durée moyenne en est concrètement de 150 jours seulement, ce qui parle d'ailleurs contre l'opinion courante qui veut que la pression sur la reprise de l'emploi augmente fortement en fin d'indemnités. Quand on sait que la durée moyenne des indemnités journalières est de 150, alors la diminution à 400 apparaît vraiment ce qu'elle est, parfaitement raisonnable. Elle reste peut-être trop modeste, mais nous soutiendrons en l'état et pour l'instant la disposition du Conseil fédéral, quitte - comme je l'ai déjà dit - à revenir avec une proposition de réduction plus importante si l'évolution économique des années à venir nous confirme que c'est possible.
L'autre point de discussion concerne les indemnités pour les personnes de plus de 55 ans.
Selon nous, cette limite d'âge ne doit en aucun cas être abaissée. Un tel abaissement pourrait faire penser, ce qui est faux, que la difficulté supplémentaire à trouver du travail quand on a entre 50 et 55 ans est considérable, et cela donnerait un signal très négatif, alors que, au contraire, le fait de se retrouver sur le marché du travail à plus de 50 ans, voire à plus de 55 ans et même davantage, devrait en fait représenter un atout du fait de l'expérience professionnelle acquise et développée. A un moment où l'importance des personnes de plus de 50 ans sur le marché du travail devient évidente au vu de la démographie, il faut prendre garde à ne pas pénaliser ces travailleurs-là. Et je dis bien pénaliser, car les considérer à risque sur le marché de l'emploi serait réellement une pénalisation et non pas un soutien. Etendre le maintien des indemnités à 520 jours n'est pas une solution intéressante pour les personnes de 50 à 55 ans. D'ailleurs, une telle mesure ne concernerait qu'un petit nombre d'individus et ne se justifie donc pas non plus du point de vue quantitatif.
En théorie et dans l'idéal, c'est-à-dire dans une situation où l'âge serait considéré comme un plus, et non pas comme un moins sur le marché du travail, qui est une situation que nous appelons de nos voeux, nous aimerions non seulement élever cette limite d'âge, mais même la supprimer. Mais en pratique, les réalités du marché étant encore ce qu'elles sont, le groupe libéral soutiendra la proposition du Conseil fédéral et de la majorité de la CER. Nous n'entrerons pas en matière sur les négociations, ni vers le haut ni vers le bas, car la disposition du Conseil fédéral est déjà négociée. Un bon "tiens" vaut mieux que deux "tu l'auras"! Ce genre de modification par étape permet parfaitement, en fonction de la conjoncture, des négociations ultérieures lorsque les propositions actuelles auront été admises et auront fait la preuve de leur adéquation.
Nous souhaitons donc que le pragmatisme l'emporte une fois encore sur les principes, et que la majorité de ce Conseil vote l'article 27 selon, et avec, la majorité de la commission.