Burkhalter Didier · Bundesrat · 2014-12-08
Burkhalter Didier · Bundesrat · Neuenburg · 2014-12-08
Wortprotokoll
Le Programme alimentaire mondial a annoncé le 1er décembre dernier qu'il était contraint de suspendre l'aide alimentaire à quelque 1,7 million de réfugiés syriens dans les pays limitrophes. Le Conseil fédéral n'a pas connaissance d'une annonce similaire du Haut-commissariat pour les réfugiés.
Le Programme alimentaire mondial est un partenaire clé, notamment de l'Aide humanitaire suisse, ceci également dans le cadre de l'aide aux victimes de la crise syrienne où la Confédération a déjà soutenu le Programme alimentaire mondial avec 4,8 millions de francs cette année et avec 10,7 millions de francs au total depuis le début de la crise en mars 2011.
Etant donné la situation humanitaire sur place qui se détériore constamment et l'hiver qui a commencé, le Conseil fédéral a décidé le 29 octobre 2014 d'augmenter de 20 millions de francs les moyens pour venir en aide aux populations affectées par les crises syrienne et irakienne. Cette augmentation a été validée par le Parlement pendant la présente session. Nous vous en remercions. Le budget total de la Suisse alloué à la crise syrienne depuis son éclatement s'élève ainsi à 122 millions de francs.
4 millions de francs de ce crédit supplémentaire de 20 millions de francs sont alloués aux opérations du Programme alimentaire mondial dans le cadre de la crise syrienne. Le processus de déboursement de ce montant est actuellement [PAGE 2163] en cours et devrait aider le Programme alimentaire mondial à reprendre ses opérations. La contribution suisse au Programme alimentaire mondial depuis le début de la crise se monte ainsi à 14,7 millions de francs.
Le Conseil fédéral est prêt à décider d'autres soutiens l'an prochain en fonction de l'évolution des besoins et dans le cadre du budget 2015.
Concernant la question de Monsieur le conseiller national Wermuth sur la stabilité du système de financement des organisations onusiennes, il faut tout d'abord souligner que l'année 2014 a été une année particulièrement exigeante en termes humanitaires. La multiplication des crises sévères, qui ont éclaté de manière quasiment simultanée, a amené le système humanitaire international au bout de ses possibilités. Le système humanitaire mis en oeuvre par l'ONU dépend en effet des contributions des pays donateurs pour pouvoir accomplir ses différentes tâches de la façon la plus efficace et complète que possible.
La Suisse s'engage pour un financement plus solide des organisations onusiennes, et plus particulièrement des organisations humanitaires, par exemple pour le Fonds central d'aide d'urgence de l'ONU dans lequel elle verse annuellement environ 7 millions de francs. Quant à notre aide bilatérale, il faut savoir que la DDC dispose de réserves budgétaires pour assurer une réaction immédiate à des situations d'urgence aux niveaux du financement, de l'expertise et du matériel. En cas de besoins allant au-delà de ces provisions, le Parlement peut être invité à libérer des moyens supplémentaires, comme il vient de le faire pour répondre aux crises en Syrie et en Irak ainsi qu'à l'épidémie tragique d'Ebola en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.