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Leuenberger Ueli · Nationalrat · 2014-12-09

Leuenberger Ueli · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2014-12-09

Wortprotokoll

Le 11 mars 2011, 25 ans après l'incroyable catastrophe de Tchernobyl, une nouvelle génération a découvert les frissons de la peur, et toute la population s'est rappelée le danger de la technologie nucléaire. La catastrophe de Fukushima a semé la peur, ébranlé le monde et secoué le cocotier politique de notre pays. Et que n'a-t-on pas vu et entendu: des pronucléaires, et mêmes certains "turbos" parmi eux, se sont mués quasiment du jour au lendemain en antinucléaires. Du moins, si l'on s'en tient à leurs déclarations. Par monts et par vaux, dans des arrière-salles de bistrots, des salles de réunion, des studios de la radio et de la télévision et dans la presse écrite, des responsables politiques promettaient la sortie du nucléaire. Ah, j'ai oublié de préciser: on était alors à quelques mois des élections fédérales!

Auparavant, pendant des décennies, la majorité politique a balayé toute proposition visant une utilisation plus économe et plus efficiente de l'énergie. Elle niait les dangers du nucléaire comme elle se gaussait des dangers du réchauffement climatique pour l'humanité.

Je constate avec satisfaction que dans le domaine de l'énergie, certaines choses ont commencé à bouger. La majorité de notre chambre a fait, ces derniers jours, quelques pas dans la bonne direction. Mais pas dans le domaine du nucléaire!

Si, avant l'accident nucléaire de Fukushima, on jugeait raisonnable d'arrêter les centrales nucléaires après 40 ou 50 ans de fonctionnement, il n'en est plus question pour les pronucléaires de jadis, mutés temporairement en antinucléaires, avant les élections fédérales et sous l'effet de la grogne populaire post-Fukushima. Le contre-projet à notre initiative populaire, concocté par la commission de notre conseil, ne prévoit plus aucune date de sortie. Ceci est irresponsable et s'inscrit en contradiction avec les promesses que vous avez été nombreux à formuler pendant la campagne électorale de 2011.

Je ne suis pas prêt à avaler cette pilule, et la majorité de la population ne l'est certainement pas non plus. Faisons tout pour que les comprimés d'iode largement distribués dans les ménages ne doivent jamais être avalés. Je vous invite à recommander l'acceptation de l'initiative populaire.