Marra Ada · Nationalrat · 2012-09-27
Marra Ada · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2012-09-27
Wortprotokoll
Les aventures de l'un des fleurons de l'industrie suisse, Swissmetal, aujourd'hui en liquidation, ne sont plus à rappeler. Monsieur Zisyadis avait déposé cette motion en septembre 2011. Il préconisait de prendre des mesures urgentes pour, d'une part, préserver les emplois dans la région et, d'autre part, faire en sorte que cette entreprise qui a souffert d'un management plus que douteux, ce qui l'a quasiment amené à sa fermeture, soit reprise de manière transitoire par la Confédération, le temps de former une coopérative ouvrière.
Rappelons qu'aujourd'hui Swissmetal emploie encore 450 collaborateurs. Swissmetal a obtenu par deux fois un sursis concordataire, le dernier expirant dans un an. Il lui a été attribué pour en préparer la vente. Entre le moment du dépôt de la motion Zisyadis et maintenant, le président du conseil d'administration a dit être en contact avec plusieurs repreneurs étrangers, mais aucune garantie n'est donnée quant à l'avenir des employés. Il n'y a pas une session dans cet hémicycle où on ne parle de la place économique suisse, où l'on ne discute pas du franc fort, de quelle industrie on veut pour la Suisse, de ses points forts et de ses spécificités. Eh bien, je crois que Swissmetal fait typiquement partie du type d'industrialisation que l'on veut garder en Suisse, en termes de nombre d'emplois, mais aussi de savoir-faire. Si je suis consciente que nous avons besoin de l'apport étranger, je m'interroge si vendre de telles entreprises à des Français et à des Chinois - entreprises dont on sait que tôt ou tard le savoir-faire va être exporté - est une solution à long terme.
La demande de notre ancien collègue popiste peut surprendre puisque c'est la Confédération qui doit se porter repreneur temporaire dans la perspective d'une reprise sous forme de coopérative ouvrière. Le Conseil fédéral propose de rejeter la motion. Dans son avis, il met en avant le fait que cela n'est ni dans ses habitudes, ni légalement possible. Moi, je dis qu'il est grand temps que la Confédération réfléchisse à quelle place économique elle veut. La richesse de la Suisse ne tient pas seulement à sa politique financière ou à sa politique fiscale. Toute proposition novatrice pour sauvegarder une place économique riche moins centrée sur une idée de profit, qui a amené à sa perte Swissmetal, mais plus sur ceux qui en font le sel - ses employés - n'est pas à balayer d'un revers de la main.
C'est pourquoi je vous invite à adopter cette motion.